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Culture - Tendance

« Cool », comme Walt Whitman, James Dean, Steve Jobs et Jay-Z

« I am cool » avait dit sur scène, en 1940, un saxophoniste de jazz. Qu'exprime au juste aujourd'hui ce terme, relevant un jargon musical ? Réponse dans une exposition de photographies.

Steve Jobs : vision et legs.

Durant les cinq dernières années, des conservateurs du Musée national des portraits (National Portrait Gallery) à Washington ont cherché à savoir comment le concept « cool » est devenu une partie intégrante de la culture américaine. Ils dévoilent les résultats de leurs travaux dans une exposition d'une centaine de portraits de personnes reconnues comme « cool » pour avoir cultivé la rébellion, l'expression de soi, le charisme, un certain mystère et le fil du rasoir. Ils sont l'essence d'une liste de 500 noms, originellement établie, et répondant à une signification du mot cool, telle que comprise sur tout le sol américain et non par une élite. C'est-à-dire, avoir une vision artistique originale, représenter une culture rebelle ou une transgression, être renommé, ou posséder un legs reconnu.

 

Cette sélection comprend des musiciens, des acteurs, des athlètes, des comédiens, des écrivains et des activistes du siècle dernier. Parmi eux : Ernest Hemingway, Fred Astaire, Georgia O'Keeffe, Humphry Bogart, les jazzistes Lester Young, Billie Holiday, Count Basie, Muddy Waters, Duke Ellington. Ensuite, Elvis Presley, Frank Sinatra, Greta Garbo, James Dean et Audrey Hepburn. Mais l'exposition fait aussi remonter plus loin la tendance cool (qui n'avait pas encore ce surnom), plus précisément jusqu'au XIXe siècle avec le poète et humaniste avant-gardiste Walt Whitman et le politicien noir abolitionniste Frederick Douglass, appelés les « grands-papas » du cool, ayant notamment aujourd'hui pour descendants Jay-Z, Johnny Depp et Madona.

 

L'aura du fil du rasoir et du noir
À noter que toutes ces célébrités ont choisi de divulguer leurs images à travers l'objectif de photographes aussi célèbres que Richard Avedon, Annie Leibovitz et Henry Cartier-Bresson. Car outre l'aura de mystère et la stoïque indifférence envers la critique, il était important pour ces illustres cool d'adopter un look et un style personnels. Dans le catalogue accompagnant cette exposition, on peut lire : « Être cool, ce n'est pas être gentil, bon ou héroïque. Cool est l'opposé de l'innocence et de la vertu. Cool a un côté noir et du fil du rasoir. Être cool n'est pas d'aspirer à être extraordinaire... Ou un saint. »


Par ailleurs, l'un des responsables de l'exposition fait remarquer qu'au départ, le cool était une esthétique plutôt masculine et ne s'étendra au sexe opposé que dans les années 70. Il précise également que cette notion s'était estompée dans les années 80, avec l'Amérique du président Reagan dominée par le matérialisme et le pouvoir des riches corporations. Alors que, récemment, les riches ont validé l'attitude cool. Ainsi, quelqu'un comme Jay-Z est, aujourd'hui, avec sa grosse fortune, l'exemple même du pouvoir de la culture hip-hop qui a passé du côté des nantis. Donnant au « bling » un aspect positif.


« Nous ne voulons pas provoquer un débat intergénérationnel, précise le responsable. Mais que les aînés puissent dire à leurs petits-enfants qui était Gene Krupa (batteur populaire flamboyant de l'ère swing) et son importance. En retour, la nouvelle génération présentera à ses grands-parents Jay-Z et son importance. »

Durant les cinq dernières années, des conservateurs du Musée national des portraits (National Portrait Gallery) à Washington ont cherché à savoir comment le concept « cool » est devenu une partie intégrante de la culture américaine. Ils dévoilent les résultats de leurs travaux dans une exposition d'une centaine de portraits de personnes reconnues comme « cool » pour avoir cultivé la rébellion, l'expression de soi, le charisme, un certain mystère et le fil du rasoir. Ils sont l'essence d'une liste de 500 noms, originellement établie, et répondant à une signification du mot cool, telle que comprise sur tout le sol américain et non par une élite. C'est-à-dire, avoir une vision artistique originale, représenter une culture rebelle ou une transgression, être renommé, ou posséder un legs reconnu.
 
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