Académisme et modernisme se retrouvent dans ce « Portrait d’une ancêtre ».
Après des études de graphisme à l'AUB et un diplôme en 2007, le jeune artiste Michel Karsouny débute sa carrière en tant qu'illustrateur et graphiste. Après avoir également fondé une maison de design spécialisée dans l'illustration, il va se consacrer entièrement à la peinture. Un rêve qu'il nourrissait depuis son
enfance.
Dans son exposition actuelle, qui se déroule à la galerie Artlab, l'artiste crée « Emporia ». Une cité de mutants, de paons qui pavoisent ouvrant leurs queues en corolles, ainsi que d'hommes et de femmes qui vivent hors de ce monde.
Phases et métamorphoses
«Emporia», comme vous l'auriez deviné, n'est autre que la capitale libanaise. Beyrouth, ville de toutes les contradictions et croisement de deux cultures, de multiples esprits et de souffles venus d'ailleurs. «Beyrouth, ville du show off, du tout permis, où les médecins deviennent des designers de la beauté et où les femmes sont prêtes à tout faire pour plaire à leurs hommes», dit encore Karsouny.
Nulle touche de colère dans la palette de l'artiste qui dépeint une société en métamorphose sans aucun esprit critique. Un simple constat des lieux, réalisé par instants avec une certaine pointe de tendresse. Ainsi, après s'être installé aux États-Unis, il avoue avoir eu un peu de recul envers le pays du Cèdre qui demeure dans son cœur. «Tout comme Mazen Kerbage qui m'a enseigné le dessin – dont la patte se retrouve dans certaines de ses œuvres –, je suis tiraillé entre l'amour et la détestation de ce pays.»
«Où se situe la limite qui définit la beauté ? se demande encore Michel Karsouny. Les valeurs esthétiques ne sont-elles plus commandées que par les besoins de la mode?» Dans ce portrait surdimensionné de Beyrouth l'impériale, on retrouve les clins d'œil à Bacon et à Picasso ainsi que les thèmes chers à l'artiste: les hommes aux muscles gonflés, les femmes aux lèvres gonflées ainsi que les «pets» relookés. Une galerie de portraits joyeux, farfelus mais aussi sombres, aux traits bien marqués et à la palette haute en couleur. On y reconnaît les études académiques du peintre. Tout en restant attaché à son Beyrouth natal et aux valeurs familiales, Karsouny affirme haut et fort son désir de sortir des sentiers battus. Sa peinture n'est-elle pas une école buissonnière permanente?
Phases et métamorphoses«Emporia», comme vous l'auriez deviné, n'est autre que la capitale libanaise. Beyrouth, ville de toutes les contradictions et croisement de deux cultures, de multiples esprits et de souffles venus d'ailleurs. «Beyrouth, ville du show off, du...

