Le leader des Forces libanaises, Samir Geagea, s'est montré hier plutôt sceptique au sujet des discussions en cours sur la déclaration ministérielle, soulignant que ce que l'on entend à ce propos jusqu'ici n'augure rien de bon.
Lors d'une conférence de presse à Meerab, M. Geagea a commencé par noter que « la raison première de l'instabilité » au Liban réside dans le fait que le pouvoir de décision sécuritaire et militaire « n'est pas dans les mains de l'État libanais ».
« Ce pouvoir est confisqué essentiellement par le Hezbollah, qui agit à sa guise à ce sujet, et il revient au peuple libanais d'en payer, seul, les frais », a-t-il dit, notant que « le dernier avatar de cet état de fait est représenté par l'intervention du Hezbollah en Syrie ».
Et d'ajouter : « Le 8 Mars s'efforce de promouvoir l'idée selon laquelle les groupes terroristes avaient en tout état de cause l'intention de venir guerroyer au Liban, même si le Hezbollah s'était abstenu de toute participation au conflit syrien. »
« Il se trouve que le dernier groupuscule intégriste à s'être présenté au Liban était celui de Fateh el-Islam, en 2007, a relevé dans ce cadre M. Geagea. Or à l'époque, le seul protagoniste à s'être opposé à ce que ce groupuscule soit combattu était le Hezbollah, alors que le gouvernement du 14 Mars lui avait déclaré la guerre et avait pressé l'armée et les forces de sécurité de l'anéantir », a-t-il rappelé.
Quoi qu'il en soit, a poursuivi le leader des FL, « la présence des intégristes (dans la région) n'est pas chose nouvelle ». « Elle remonte à la fin des années quatre-vingt (...), a-t-il souligné. Or depuis ce temps, aucune organisation intégriste n'a combattu le Hezbollah, à l'exception de quelques cellules que les services de sécurité parvenaient à maîtriser. Alors pourquoi ces organisations auraient-elles décidé aujourd'hui de façon subite de prendre pour cibles le Hezbollah et son public ? »
« La réponse est simple : c'est parce que le Hezb se bat contre elles à présent en Syrie, sachant qu'en réalité il ne se bat pas vraiment contre elles, car dans les régions où il se trouve, il a face à lui l'Armée syrienne libre, alors que Daech (EIIL – État islamique en Irak et au Levant) se trouve dans le Nord et dans l'Est », a-t-il noté.
Passant aux conclusions, M. Geagea a dit : « Toute discussion pour sortir de l'impasse actuelle devrait prendre en compte la nécessité de modifier quelque chose dans ce statu quo. C'est ce que nous attendons de la part de n'importe quel gouvernement. Pour cela, il faudrait inscrire d'autres politiques dans le texte de la déclaration ministérielle et ce que nous entendons à ce sujet n'augure rien de bon. »
« Il est question dans les médias de parvenir à une formule satisfaisante qui prendrait en compte les positions de toutes les parties, a-t-il relevé. Mais notre problème réside précisément dans la position de l'une des parties qui a conduit le Liban à cette extrémité. C'est pour cela que les FL sont restées hors du gouvernement. »
Critiquant les compromis sémantiques envisagés au sujet de l'inclusion de la déclaration de Baabda dans le texte de la déclaration ministérielle, M. Geagea a souligné que tant que certaines parties « n'auront pas l'intention de mettre en œuvre la déclaration de Baabda et de sortir de Syrie, la situation sécuritaire et économique restera inchangée ».
Évoquant la frappe israélienne sur la région de Janta-Nabi Chit, dans l'Est, le chef des FL a noté que le Hezbollah a mis quarante-huit heures pour prendre position à ce sujet, estimant que ce retard serait dû au fait qu'il attendait « une réponse de Téhéran » sur ce qu'il convenait de faire, sachant que la frappe serait, selon lui, en rapport avec la situation en Syrie.
Enfin, le leader des FL a conclu en rappelant la nécessité de remettre à flot l'affaire du cadre de la MEA Joseph Sader, disparu il y a quatre ans sur la route de l'aéroport.


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