Personne ne l’attendait, et pourtant Graabak est bien là, sur la plus haute marche du podium. Son explosion de joie fait même sourire Moan et Riessle, qui en fait auraient bien voulu être à sa place. Kai Pfaffenbach/Reuters
Sous un ciel chagrin, qui déversait des trombes d'eau, le Norvégien Joergen Graabak s'est offert hier à 22 ans, et à la surprise générale, un premier titre de champion olympique de combiné nordique au grand tremplin.
Le jeune Norvégien, qui avait pour principal fait d'armes jusque-là une médaille d'argent par équipes aux Mondiaux 2013, s'est imposé au sprint devant son compatriote Magnus Moan, qui a pris la médaille d'argent, et l'Allemand Fabian Riessle, la médaille de bronze.
Sixième à l'issue du saut, le Norvégien s'était élancé en ski de fond avec 42 secondes de retard sur l'Allemand Eric Frenzel. Grâce à un bond de 139,5 m qui lui a valu 129 points, le champion olympique du petit tremplin semblait en pole pour le doublé à Sotchi.
Mais après une boucle, les poursuivants dont le quadruple champion du monde français Jason Lamy Chappuis avaient déjà recollé sur l'Allemand, affaibli par un virus qui a failli l'empêcher de participer à cette épreuve.
Et dans le dernier kilomètre, la course de ski de fond a viré à la bagarre entre Allemands et Norvégiens. Une bagarre qui a laissé sur le carreau l'Allemand Johannes Rydzek, bousculé par son compatriote Riessle qui l'a fait tomber à terre dans les derniers hectomètres (8e).
Grabaak, qui n'avait pas connu une saison transcendante en Coupe du monde, avec seulement deux podiums, a su tirer son épingle du jeu pour inscrire son nom dans la légende olympique.
Magnus Moan, double médaillé aux Jeux de Turin en 2006, s'estimait chanceux de la tournure des événements : « Je suis content de regoûter au podium. Cela prouve que j'ai toujours ma place dans le jeu. »
« Nous avions tous une chance de gagner une médaille, mais cela n'a pas marché. C'est une nouvelle expérience, mais je ne vais rien céder », a assuré Frenzel (10e), le champion du monde de la spécialité.
Avec quatre hommes dans les 10 premiers, l'Allemagne se positionne comme la plus sérieuse rivale de la Norvège dans l'épreuve par équipe qui clôt le combiné nordique demain.
(Source : AFP)

