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Culture - Spectacle

La célébration de la vie à travers les cantates de « Carmina Burana »

Présentée par Terpischore, une école de ballet, au théâtre Tournesol, la partition de « Carmina Burana » de Carl Off a servi de fond sonore pour une danse contemporaine. Une quinzaine d'élèves, fillettes novices, jeunes filles et un seul jeune homme, entre pirouettes, entrechats et grands écarts, célèbrent la vie.

Sur une scène totalement nue, des bouts de draperies sont accrochés aux rideaux noirs qui cachent les coulisses. Bouts d'étoffes, tels des nuages épars, pour gommer l'espace et le temps.
Brusquement jaillissent les premières mesures de Carmina Burana de Carl Orff. Mesures rythmées, martelées, martiales, entêtées, presque agressives. Cadences, frénésie et cantates défilent en une éblouissante fresque sonore, délibérément décousue et disjonctée, pour former une boucle qui se referme sur elle-même comme un serpent qui ramasse ses anneaux et se love en boule.
Ces chapelets de notes explosant de vitalité et échappées aux motets et madrigaux du Moyen Âge, avec leur lyrisme échevelé, leur stridence et leur dissonance harmonique, accompagnent les divers pas et circonvolutions des danseuses sous les feux de la rampe. Des nymphettes plus ou moins bien gaulées, prises dans le tourbillon d'une ronde bacchanale fantaisiste, emmènent les spectateurs vers des rives lointaines, vers une Grèce antique et mythique, faite d'offrandes, de luxures et de fêtes saisonnières et païennes.
Coiffé d'une vestale, agrémenté d'un cordon de petites novices pas plus hautes que trois pommes et flanqué d'un satyre, en fait un jeune homme avec bouc, légèrement ventru, fessu et aux jambes fortes (excellent pour donner la réplique aux figures d'acrobaties féminines), l'ensemble est adroitement mené dans une chorégraphie sobre et efficace signée Georges Anghelus, avec la participation de Patricia Mantura.
Chaussons roses satinés pour les pointes, tunique gréco-romaine pour la grâce des jambes, des bras et des articulations et surtout la liberté des corps, pour des mouvements saccadés, amples, caressants ou implorants. Pour l'unique mâle de ce gynécée bourdonnant de senteurs exclusivement féminines, plumage de volatile amusant pour le satyre qui, en lestes pas de loups voulant dévorer sa proie, ne laisse aucune de ses assiduités et de ses lubriques désirs...
Tableaux alternant synchronisation d'ensemble, solo à deux, trois ou quatre, rangée de rats aux frimousses charmantes et aux gestes touchants d'innocence, tel se déroule ce conte aux aspérités étranges. Tableaux brossés avec un sage sens inventif du langage des corps et épousant au plus près les lignes mélodiques d'une partition détonante. Surtout ses rythme bondissants.
Des élèves qui évoluent avec aisance sur scène et ont même une certaine grâce. Un peu timide, il est vrai ! Si les mots brio ou virtuosité corporelle sont des mots emphatiques, ici, au demeurant, les termes de justesse de ton, application, équilibre, mesure et un soupçon de panache, sont parfaitement justifiés.
Du bon travail. Et qui ne manque pas d'ambition. Car on ne s'attaque pas impunément à une des œuvres musicales modernes les plus déroutantes et les plus iconoclastes. Mais l'enjeu et le risque en valaient la peine. Et on y passe un agréable
moment.

 

Sur une scène totalement nue, des bouts de draperies sont accrochés aux rideaux noirs qui cachent les coulisses. Bouts d'étoffes, tels des nuages épars, pour gommer l'espace et le temps.Brusquement jaillissent les premières mesures de Carmina Burana de Carl Orff. Mesures rythmées, martelées, martiales, entêtées, presque agressives. Cadences, frénésie et cantates défilent en une éblouissante fresque sonore, délibérément décousue et disjonctée, pour former une boucle qui se referme sur elle-même comme un serpent qui ramasse ses anneaux et se love en boule.Ces chapelets de notes explosant de vitalité et échappées aux motets et madrigaux du Moyen Âge, avec leur lyrisme échevelé, leur stridence et leur dissonance harmonique, accompagnent les divers pas et circonvolutions des danseuses sous les feux de la rampe. Des...
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