Antoine Boulad, un amoureux des mots. Photo Michel Sayegh
«C'est dans un cadre convivial et bienveillant, confie Antoine Boulad, que ceux qui désirent s'exercer à l'écriture pourraient s'initier à cet apprentissage qui s'étale sur dix semaines.» L'auteur-poète, cofondateur de l'association al-Sabil à l'origine de la création de la première bibliothèque publique municipale de Beyrouth, est infatigable. Quand il s'agit de prose ou de poésie, il répond immédiatement présent. En 2009, il va créer, en compagnie de Georgia Makhlouf, «Kitabat», une association qui a pour but de développer les ateliers d'écriture. Apprendre à écrire, mais qu'est donc que cet illogisme? L'écriture n'est-elle pas quelque part un don inné? «Certes, répond-il, c'est un talent mais, comme tout talent, il a besoin d'être exercé, discipliné afin de mieux s'épanouir.» «Beaucoup d'entre nous (ceux du moins qui aiment la littérature), poursuit-il, ont envie de titiller la plume mais ne le font pas soit par timidité, soit par peur. Ces ateliers ne proposent pas un enseignement académique et scolaire, mais des pistes qui pourraient aider la personne à s'exprimer mieux, du moins d'une façon plus claire et plus directe.»
L'atelier est en effet un dispositif qui favorise et façonne l'écrivain en herbe et le pousse à porter des projets. Ainsi, celui qui écrit va aller à la rencontre d'un public à l'écoute. «C'est un bonheur d'écriture pour lequel il n'y a ni diplôme ni sanction», avoue Boulad.
Dans ce cadre convivial et «sécurisant», respectueux du rythme de chacun, mais néanmoins exigeant et sous la houlette d'animateurs expérimentés, les participants vont oser. Oser écrire, sortir des sentiers battus et s'aventurer dans la créativité si souvent refoulée. «Ce ne sont pas des sujets de dissertation, mais des propositions d'écriture qui poussent l'animateur à faire non pas la chasse à l'erreur, mais au beau et aller vers des textes plus achevés et plus aboutis», conclut-il.
Ainsi, pour la troisième année consécutive, l'USJ ouvre ses portes à ces ateliers auxquels il a participé et qui ne cessent de grandir. Aujourd'hui, la librairie al-Bourj propose ses locaux pour la seconde année afin de recevoir jeunes et adultes pour un cycle d'apprentissage. «Les bibliothèques municipales offrent également cette prestation, mais à titre gratuit», précisera encore Boulad qui espère que les prochains ateliers seront axés sur l'écriture en langue arabe.
Programme
À partir du 10 février, sur 10 semaines:
– pour les adultes: mardi de 18h à 20h;
– pour les jeunes de 14 à 17 ans: samedi de 13h à 15h;
– pour les jeunes de 8 à 13 ans: samedi de 11h à 12h.
Pour tout renseignement, contacter la librairie al-Bourj au 01/973697.

