Une grève quasi générale des boulangers, provoquée par un conflit entre trois mitrons et la police municipale, a réduit la population beyrouthine, hier, à un rationnement du pain. Une trentaine de boulangeries arabes sur 204 et 18 boulangeries européennes continuent, cependant, à assurer le ravitaillement en pain de la capitale.
Sous prétexte que les agents de la police municipale abusaient de leurs fonctions, les boulangers avaient obtenu, il y a trois mois, une décision du ministère de l'Intérieur interdisant à ces agents de pénétrer dans les boulangeries. Les conflits n'en avaient pas moins continué à surgir, tous les jours, entre boulangers et policiers, chaque fois que ces derniers dressaient des procès-
verbaux de contravention à l'encontre des premiers, pour diverses infractions (...). Jusqu'au moment où, la semaine dernière, trois mitrons employés par le président du syndicat des boulangers, M. Abdel Nabi Hamadé, prirent à partie une patrouille de la police municipale qui voulait dresser une contravention à l'encontre d'un chauffeur dont la voiture était stationnée devant la boulangerie.
Abdel Nabi Hamadé, arrêté avec ses mitrons, avait été par la suite relâché. Mais il réclamait également, sous la menace de grève, la mise en liberté de ses employés, demande qui avait été rejetée.
170 boulangeries, affiliées au syndicat de M. Hamadé, se sont donc mises en grève (...). Une trentaine d'autres, formant un second syndicat, présidé par M. Jamil Ghaddar, ont promis de briser la grève et d'assurer le ravitaillement de la capitale (...).
Les efforts déployés par M. Nicolas Rizkallah, mohafez de Beyrouth, en vue de mettre fin à la grève, se sont heurtés au refus du juge d'instruction de remettre en liberté les trois mitrons. Le juge a estimé qu'il s'agissait d'une affaire de droit commun et non d'une question professionnelle (...).


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