Le président américain Barack Obama se dit "hanté" par la crise syrienne dans un entretien fleuve avec le magazine américain The New Yorker.
"Je suis hanté par ce qui s'est passé. Je ne suis cependant pas hanté par ma décision de ne pas m'engager dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient", souligne M. Obama, interrogé sur sa stratégie au Proche-Orient, notamment au regard de l'effusion de sang en Syrie.
"Il est très difficile d'imaginer un scénario dans lequel notre intervention en Syrie aurait pu mener à une meilleure solution. (...) Et lorsque j'entends des personnes dire que si nous avions financé et armé l'opposition plus tôt, Assad serait parti et nous aurions eu une transition pacifique, je dis : "Il s'agit de vœux pieux"", ajoute le locataire de la Maison Blanche.
"Ce n'est pas comme si nous n'avions pas discuté en profondeur de tout cela. Au tout début du processus, j'ai demandé à la CIA d'analyser des situations dans lesquelles les Etats-unis avaient financé et armé une insurrection dans un pays qui, en fait, fonctionnait bien. Ils ne sont pas parvenus à des résultats probants. Nous avons analysé cela sous tous les angles. La réalité est que vous aviez et vous avez toujours un gouvernement autoritaire et brutal capable de tout pour rester au pouvoir et vous avez en face une opposition désorganisée, mal-équipée, mal-entrainée et divisée", souligne M. Obama.
"Tout cela s'ajoute aux divisions sectaires. Et, dans cet environnement, notre meilleure chance de trouver une issue à ce niveau est de parler aux Etats qui ont énormément investi pour garder Assad au pouvoir, plus précisément l'Iran et la Russie, et à ceux qui ont financé l'opposition, pour être sûr qu'ils ne créent pas des forces extrémistes comme celles qui ont émergé en Afghanistan quand nous financions les moujahidines", poursuit le président américain.
Interrogé sur un renforcement de la présence d'el-Qaëda en Irak et dans les rangs de la rébellion syrienne, le président américain affirme : "Gardons à l'esprit que Fallouja est une ville sunnite profondément conservatrice dans un pays qui, indépendamment de ce que nous faisons, est profondément divisé confessionnellement (...). Il existe une fracture profonde entre les sunnites et les chiites à travers la région. Une partie de cette fracture est alimentée par des Etats qui luttent pour le pouvoir dans la région. Vous avez aussi des Etats qui fonctionnent mal, et des seigneurs de guerre, des gangs, des criminels qui tentent de gagner en popularité pour contrôler les ressources, les populations et le territoire. Tout cela à un impact sur notre sécurité à long terme".
"Nous devons être capables de distinguer entre ces problèmes, pour que nous n'utilisions pas des pincettes lorsque nous avons besoin d'un marteau, ou un bataillon alors que nous devrions établir des ponts avec le gouvernement local pour entrainer la police et développer ses capacités de renseignements".
"Je suis hanté par ce qui s'est passé. Je ne suis cependant pas hanté par ma décision de ne pas m'engager dans une nouvelle guerre au Moyen-Orient", souligne M. Obama, interrogé sur sa stratégie au Proche-Orient, notamment au regard de l'effusion de sang en Syrie.
"Il est très difficile d'imaginer un scénario dans lequel notre intervention en Syrie aurait pu mener à une meilleure solution. (...) Et lorsque j'entends des personnes dire que si nous avions financé et armé l'opposition plus tôt, Assad serait parti et nous aurions eu une transition pacifique, je dis : "Il s'agit de vœux pieux"", ajoute le locataire de la Maison Blanche.
"Ce n'est pas comme si nous n'avions pas...


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