« Aladin » de Carlo Massoud.
Un spectre est défini comme l'ensemble de rayons colorés qui résultent de la décomposition de la lumière par un prisme. Le «Spectrum» d'Art Factum présente lui quatre designers – Marc Baroud, Karim Chaya, Marc Dibeh et Carlo Massoud – à travers des œuvres vouées à l'art de faire la lumière...
Le 4 octobre 1957, en plein désert kazakh, une fusée s'élève dans le ciel. À son sommet, sous sa coiffe, une sphère d'aluminium de 58 cm de diamètre, pesant 83,8 kg et flanquée de quatre antennes. La Terre a eu ce jour-là un deuxième satellite et il était artificiel. Né en pleine guerre froide des efforts pour concevoir des missiles à tête nucléaire, le petit Spoutnik ouvrait un nouveau chapitre de l'histoire des hommes, celle de leur arrivée dans l'espace. Cinquante-six ans plus tard, un Libanais, Marc Baroud, architecte et designer industriel de son état, construit son premier Spoutnik miniature de design, avec pour mission, non pas la conquête de l'espace mais plutôt de rendre un hommage au premier et unique satellite naturel, la Lune. Ce corps céleste en orbite autour de la Terre est représenté ici de manière «industrielle», avec acier et tiges de métal, il orbite doucement à l'aide d'un push manuel et sa lumière change en conséquence.
Karim Chaya, designer et tête pensante de spockdesign, est retourné à la source de la lumière pour l'homme: la flamme. Il a alors fabriqué une installation, une sorte de sculpture où de grandes tiges métalliques élancées sont chapeautées par une coque qui abrite une bougie, sorte de candélabre formé de fleurs de calla qui se déclinent sous plusieurs montures. Parfois mises sur un piédestal, ou mises en applique sur un miroir design, elles sont également présentes sur des suspensions et plafonniers.
Marc Dibeh, architecte et designer, dit avoir réalisé le design intitulé «Please Dont Tell Mum» par accident. En manipulant un miroir, il le casse par mégarde. Trouvant le résultat assez étonnant, il répète l'expérience et obtient cinq exemplaires de miroirs brisés d'une telle manière à former une surface en 3D. Ce faisant, ils reflètent une image fracturée, montrant plusieurs angles d'une même scène.
Carlo Massoud, designer d'objets et d'intérieurs, se frotte pour sa part au mythe de la lampe d'Aladin. Et en présente une version très XXIe siècle, en faisant bon escient de la technologie (imprimeries 3D et installations LED) tout en gardant en mémoire l'ancien et le traditionnel, comme le travail du bois. La lumière en jaillit, est accentuée ou diminuée, d'un simple geste de la main. «Un peu comme Aladin qui devait frictionner sa lampe pour en révéler ses pouvoirs magiques», indique l'artiste.
À signaler ici que la galerie Art Factum avait emmené ses deux étalons, Marc Dibeh et Marc Baroud, à Design Miami, l'une des plus importantes foires de design du monde. Le «binôme» qui monte y avait présenté avec grand succès la série «Wires», des objets usuels d'un grand minimalisme créés à partir d'un tuyau industriel en métal.
* Jusqu'au 25 janvier, Art Factum Gallery, secteur Quarantaine, région Médawar. Tél. : 01/443263.
Le 4 octobre 1957, en plein désert kazakh, une fusée s'élève dans le ciel. À son sommet, sous sa coiffe, une sphère d'aluminium de 58 cm de diamètre, pesant 83,8 kg et flanquée de quatre antennes. La Terre a eu ce jour-là un deuxième satellite et il était artificiel. Né en pleine guerre froide des efforts pour concevoir des missiles à tête nucléaire, le petit Spoutnik ouvrait un nouveau chapitre de l'histoire des hommes, celle de leur arrivée dans l'espace. Cinquante-six ans plus tard, un Libanais, Marc Baroud,...

