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Lifestyle - Société

Le sans-gêne arrogant des cyclistes de Copenhague

Piétons et automobilistes en colère partagent un étrange sentiment de mise à l'écart.

Copenhague compte plus de vélos que d’habitants, et plus du tiers des personnes qui y travaillent ou étudient utilisent le vélo au quotidien. Attila Kisbenedek/AFP

Les férus du vélo se sont forgé une réputation d'arrogance et d'imprudence à Copenhague, incitant la municipalité à s'interroger sur sa politique probicyclette. Longtemps considérée, avec Amsterdam, en Europe comme l'une des deux capitales du vélo, Copenhague compte plus de vélos que d'habitants, et plus du tiers des personnes qui y travaillent ou étudient utilisent le vélo au quotidien. Mais avec l'augmentation des vélos, le nombre d'infractions commises par ces fous du guidon est également en hausse. « Les cyclistes ne respectent pas bien les règles. Par exemple, ils vont là où c'est réservé aux piétons », affirme la responsable de la police de la circulation de Copenhague, Mogens Knudsen.
Depuis des années, Copenhague se targue d'attirer politiques et journalistes du monde entier qui étudient la capitale du Danemark et ses projets de « superautoroutes cyclables ». L'objectif est de faire passer à la bicyclette la barre de 50 % des déplacements vers le travail ou le lieu d'études d'ici à 2015. Ce qu'ils voient peut les effrayer : des colonnes de vélos qui progressent à toute allure en frôlant parfois les piétons. À l'heure où le réchauffement climatique fait des antivélo des hérétiques, certains commencent à grincer des dents. « Je pense que les cyclistes pensent être au-dessus des règles », dit le journaliste Kjeld Koplev, dont la cheville et le tibia ont été brisés dans un accident de vélo avec une voiture il y a 11 ans.
Tom Joergensen, critique d'art, a qualifié l'an dernier les vélos de « problème numéro 1 de la circulation à Copenhague ». Dans un éditorial, il explique que les cyclistes ont tendance à être de gauche, mais une fois en selle, ils deviennent individualistes et ne font presque pas attention à ce qui se passe autour d'eux. « Les piétons ont complètement disparu du débat public. On parle des cyclistes et des motards, mais personne ne s'intéresse à ceux qui marchent », dit-il.

Davantage de pistes cyclables
Mikael le Dous, président de l'Association danoise des piétons, explique que les cyclistes ont créé une atmosphère teintée de peur et d'intimidation. « Neuf personnes sur 10 qui nous appellent sont en colère et ont peur des cyclistes. (...) Ils évitent même certains endroits à cause de ça », déplore t-il.
Les piétons ne sont pas les seuls à faire remonter ce problème. Les automobilistes aussi commencent à se plaindre des politiques qui protègent trop les cyclistes. Pour les élections municipales de novembre à Copenhague, le parti de l'Alliance libérale (centre-droite) avait fait campagne avec ce slogan : « Une ville pour tous – même les automobilistes ». L'Alliance des communistes et des Verts avait répondu en collant des affiches sur les bus avec le message suivant : « Les voitures au fond ». La tête de liste, Morten Kabell, a décroché le poste d'adjoint aux affaires techniques et à l'environnement, en charge, par conséquent, du trafic et de la planification urbaine. Bien qu'il ait un fond antiautomobile, M. Kabell reconnaît que certains cyclistes doivent changer de comportement. Mais, ajoute-t-il, « je pense que cela vient en grande partie du fait qu'il n'y a pas assez d'espaces prévus pour eux alors qu'ils sont très nombreux. Si on concevait davantage de pistes cyclables plus larges, le problème serait résolu en douceur ».
L'Association des automobilistes danois s'insurge contre cette idée. « Les politiques veulent faire de Copenhague une ville moins attirante pour les automobilistes », déplore un porte-parole du lobby, Torben Lund Kudsk. Il cite l'élargissement démesuré à son goût des pistes cyclables, la fermeture de rues aux voitures et la réduction des places de parking. M. Koplev, incapable de faire du vélo depuis son accident, a suggéré une solution plus radicale. « Si on enlevait les voitures de la ville, on pourrait faire du vélo comme on voudrait. »

(Source : AFP)

Les férus du vélo se sont forgé une réputation d'arrogance et d'imprudence à Copenhague, incitant la municipalité à s'interroger sur sa politique probicyclette. Longtemps considérée, avec Amsterdam, en Europe comme l'une des deux capitales du vélo, Copenhague compte plus de vélos que d'habitants, et plus du tiers des personnes qui y travaillent ou étudient utilisent le vélo au quotidien. Mais avec l'augmentation des vélos, le nombre d'infractions commises par ces fous du guidon est également en hausse. « Les cyclistes ne respectent pas bien les règles. Par exemple, ils vont là où c'est réservé aux piétons », affirme la responsable de la police de la circulation de Copenhague, Mogens Knudsen.Depuis des années, Copenhague se targue d'attirer politiques et journalistes du monde entier qui étudient la capitale du...
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