Un calme précaire régnait hier dans le camp palestinien de Aïn el-Héloué, où les écoles et les commerces étaient fermés, au lendemain de l'explosion d'une bombe lors des funérailles d'un membre du Fateh, assassiné depuis quelques jours. Cette explosion qui avait eu lieu entre l'ancien et le nouveau cimetière avait fait un mort, un ressortissant égyptien. Un responsable du Fateh, Mahmoud Issa, surnommé el-Lino avait également été légèrement blessé.
Suite à l'explosion, les factions palestiniennes du camp ont tenu une réunion pour faire part de leur refus d'entraîner Aïn el-Héloué et ses environs dans le moindre conflit. Elles ont assuré qu'elles redoublaient d'efforts pour éviter « toute dégradation sécuritaire dans le camp palestinien » et pour « empêcher les factions extrémistes de prendre avantage de la situation ». De son côté, une source responsable du Fateh au Liban a affirmé que l'explosion visait quatre dirigeants militaires du Fateh de premier rang, parmi lesquels Sobhi Abou Arab et le dénommé el-Lino. Il a pointé du doigt le groupuscule Jund el-Cham, plus particulièrement son responsable, Bilal Badr, affirmant qu'il était « personnellement derrière l'attentat et l'assassinat ». Il a enfin invité la justice à faire son devoir et à prendre des mesures à l'égard de ceux qui portent atteinte à la sécurité.
Une réunion a également regroupé des responsables de la Jamaa islamiya et du Hamas. Ces deux mouvements ont insisté sur la nécessité de maintenir les camps palestiniens à l'écart de toute dégradation sécuritaire. Ils ont également estimé nécessaire de renforcer la scène islamique, au vu des développements régionaux.
Par ailleurs, la députée de Saïda, Bahia Hariri, a condamné dans un communiqué la dégradation de la situation à Aïn el-Héloué, à Tripoli et dans d'autres régions du pays. Elle a estimé qu'il s'agit « d'épisodes liés les uns aux autres », qui ont pour seul et même objectif « de semer le chaos et de mettre en péril la paix civile au Liban », et ce « en portant atteinte à l'un de ses fondements essentiels, à savoir l'armée libanaise, symbole de coexistence ».
Mme Hariri s'est dit profondément inquiète que les attentats et les assassinats qui ont lieu à Aïn el-Héloué ne portent atteinte non seulement à la sécurité du camp palestinien lui-même, mais aussi à la sécurité de la ville de Saïda. C'est dans cette optique qu'elle a invité les Palestiniens du camp à la prudence et à ne pas se laisser entraîner dans la spirale de la violence.


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