Les cambrioleurs épandus par centaines dans tous les coins du pays, les terroristes kamikazes, les miliciens, les vauriens du quartier et les fous furieux sur les autoroutes ne suffisent décidément plus pour semer le désarroi parmi les citoyens. Aujourd'hui, l'on doit aussi se méfier, semble-t-il, des fils de bonne famille. Imbus d'un trop-plein de pouvoir acquis d'on ne sait où, ils se permettent de temps à autre des exactions peu communes, confiants que la justice ne saurait les trouver, lovés dans leur royaume de « Daddy's Boy ».
L'histoire, rapportée par la victime à L'Orient-Le Jour, s'est déroulée dimanche matin.
Il est environ deux heures après minuit. Dans un quartier huppé d'Achrafieh, rue Chehadé, un homme d'affaires résidant dans le quartier et âgé de 43 ans promène son chien avec sa fiancée, en attendant de la conduire vers cinq heures à l'aéroport, où elle doit prendre l'avion pour la Suisse, son pays. Alors qu'elle le devance de quelques pas, un homme au volant d'une voiture Infiniti, garée au beau milieu de la route, importune la jeune blonde et lui adresse des remarques désobligeantes. L'homme d'affaires s'approche pour défendre sa fiancée, très poli. L'homme au volant, probablement ivre mais apparemment de bonne famille, ouvre la porte du véhicule, prêt à amorcer une bataille. Notre homme tente de l'en empêcher, mais son adversaire est rejoint en l'espace de quelques secondes par ses amis, une trentaine de jeunes hommes âgés de 25 ans qui faisaient la fête dans l'immeuble où réside notre malheureuse victime.
En effet, les deux fils de son voisin à l'étage, un homme d'affaires réputé et habitué des mondanités, tenaient une fête débridée. Et leurs convives, tous « très éduqués », s'abattent sur le pauvre homme et sur sa fiancée, les coinçant contre un mur et les rouant de coups. « Nous allons te briser les os, toi le chiite. Ce n'est pas la Suisse ici », crient certains d'entre eux. Et quand un agent de sécurité tente d'intervenir, il est mis à terre dans la ruée, et l'homme au volant de l'Infiniti met en marche sa voiture et lui roule sur les pieds, lui brisant les os d'une cuisse.
Ce n'est qu'après une bonne dizaine de minutes que le propriétaire d'un restaurant du quartier attiré par les cris intervient, recevant lui aussi son lots de coups. Le « papa » des deux fils arrive alors et calme la situation, sans pour autant réprimander ses deux enfants et leurs acolytes. Et la victime de raconter : « Il m'a raccompagné à un bar proche de l'immeuble et a tenté d'ouvrir des propositions de business, comme si de rien n'était. J'étais sonné et j'ai demandé des excuses de toutes les personnes qui ont failli me tuer. Je n'en ai reçu aucune. Je suis rentré chez moi, après avoir envoyé ma fiancée à l'aéroport. Je me suis levé le lendemain et me suis rendu à un poste de police où j'ai déposé plainte à la demande de mon avocat. Le médecin légiste m'a examiné. Mon œil, mes pieds, mon coude et mon cou étaient gravement endoloris et on m'a prescrit dix jours de repos. Quelques heures plus tard, je reçois un coup de fil de mon voisin qui se déclare surpris de savoir que j'ai déposé plainte contre lui. "Walaw, nous sommes sortis hier et nous avons pris un verre", m'a-t-il dit sans la moindre gêne, me sommant de retirer la plainte. Mais moi je poursuivrai cette affaire en justice. Ces jeunes hommes de la société mondaine se croient tout permis et il faut les éduquer. »
Une chose est sûre : la Suisse, ce n'est vraiment pas par ici !
Il est environ deux heures après minuit. Dans un quartier huppé d'Achrafieh, rue Chehadé, un homme d'affaires résidant dans le quartier et âgé de 43 ans promène son chien avec sa fiancée, en...


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C’est révoltant ! Je connais personnellement la victime mais je ne connais pas ces agresseurs ! Qui sont ils sinon des jeunes mal appris, sans maturité, sans principes, et sans valeurs humaines ? Il faut soutenir la victime afin de redresser la dignité du citoyen Libanais. La position sociale des agresseurs ne nous concerne pas. Pour combattre le crime efficacement, il faut que le Liban en entier soit quadrillé de caméras de surveillance. Il ne suffit plus d’identifier les criminels et délinquants, mais aussi, il faudrait identifier leurs sources et leurs refuges.
21 h 11, le 03 décembre 2013