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Culture - Parution

L’homme prédateur, selon Hyam Yared

Le petit recueil de poésie de Hyam Yared intitulé « Esthétique de la prédation » et édité chez « Mémoire d'encrier » questionne le corps, la guerre et l'éthique.

Dans le prologue de l'ouvrage, Hyam Yared fait le parallèle entre la prédation et l'esthétique, deux concepts qui sont à l'antipode l'un de l'autre Elle se demande donc si l'humain est en train d'esthétiser sa prédation qui est en fait d'origine animale. « Selon Lévi Strauss, dit-elle, nous sommes tous des cannibales. » Le raffinement de l'homme consisterait-il à industrialiser le réflexe en guise de réappropriation de l'autre, son ennemi ? Sommes-nous condamnés à être des sangsues d'autres sangsues ?
Le poème de Hyam Yared n'est pas donc loin de la vie. Il s'en inspire, s'en nourrit. Il prend acte et l'être poétique confronte le cynisme contemporain, les dictatures visibles et invisibles.
Une écriture nouvelle et dissidente du Liban qui ne craint pas de hacher le cru, de taillader la chair et de faire voler en éclats les phrases préfabriquées, sans corps et sans âme. Hyam Yared, romancière et poète, ne craint pas le mot juste même si l'image risque d'être violente. Au nom de l'homme qui ne cesse d'être la victime de « ces guerres, révoltes mais aussi du consumérisme qui sont autant de disfonctionnements des sociétés éclatées, peuplées d'individus obsédés par la frénésie d'un certain salut », Hyam Yared élève la voix. Un cri de douleur, qui ne peut qu'avoir une résonance certaine.

C.K.

Dans le prologue de l'ouvrage, Hyam Yared fait le parallèle entre la prédation et l'esthétique, deux concepts qui sont à l'antipode l'un de l'autre Elle se demande donc si l'humain est en train d'esthétiser sa prédation qui est en fait d'origine animale. « Selon Lévi Strauss, dit-elle, nous sommes tous des cannibales. » Le raffinement de l'homme consisterait-il à industrialiser le réflexe en guise de réappropriation de l'autre, son ennemi ? Sommes-nous condamnés à être des sangsues d'autres sangsues ?Le poème de Hyam Yared n'est pas donc loin de la vie. Il s'en inspire, s'en nourrit. Il prend acte et l'être poétique confronte le cynisme contemporain, les dictatures visibles et invisibles.Une écriture nouvelle et dissidente du Liban qui ne craint pas de hacher le cru, de taillader la chair et de faire voler en éclats...
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