À la fin du mois d'août avant le match face à Guingamp (2-0, 4e journée), son nom avait encore été sifflé par une partie du Parc des Princes, et l'histoire qui s'écrivait alors n'était pas celle d'un grand amour.
Le public parisien cultivait encore la nostalgie de Carlo Ancelotti, parti au Real Madrid avec l'aura du technicien qui avait su ramener le titre dans la capitale, 19 après le précédent.
Trois mois plus tard, la donne a changé. Le PSG est en tête de la Ligue 1 avec déjà quatre points d'avance sur son premier poursuivant, Lille, il s'est qualifié dès la cinquième journée pour les 8es de finale de la Ligue des champions et surtout son jeu est plus séduisant.
Mercredi soir après le succès sur l'Olympiakos (2-1), le président parisien Nasser al-Khelaïfi soulignait à nouveau que le jeu de son équipe était « de meilleure qualité que l'an dernier ».
Ça ne s'est pas forcément vu tant que ça mercredi au Parc, mais effectivement, le PSG version Blanc est la plupart du temps plus attrayant que celui d'Ancelotti, minimaliste et largement basé sur le contre.
Dès sa présentation officielle début juillet, l'ancien sélectionneur des Bleus annonçait d'ailleurs la couleur dans ce domaine.
« Le jeu, on peut en parler des heures, le mettre en pratique sur un terrain, c'est plus difficile. J'ai déjà une belle équipe. J'espère et je pense qu'elle va être améliorée. Je pense aussi qu'il faudra être audacieux dans le jeu tout en étant efficace », avait-il dit.
Ce choix de jeu audacieux, c'est celui de faire du PSG une équipe bâtie sur la possession de balle.
« Je prends de la maturité »
Cette saison en Ligue des champions, Paris est ainsi l'équipe qui a tenté et réussi le plus de passes (3 340 sur 3 915), devant Barcelone et le Bayern Munich, les deux seuls clubs à le devancer en pourcentage de possession (64 %).
Cette volonté de contrôler le jeu, Blanc l'avait déjà affirmée avec l'équipe de France. Mais sans doute un peu par frilosité et un peu par manque de confiance en son effectif, il y avait renoncé lors du quart de finale de l'Euro perdu face à l'Espagne en alignant, en vain, deux arrières droits.
« Je pense que l'expérience que j'ai vécue en équipe de France, notamment à l'Euro, m'a ouvert l'esprit en terme de management. Ça m'a amené une expérience nouvelle, ça m'a permis d'avoir plus de recul sur certaines situations chaudes », a-t-il expliqué au mois d'octobre.
« C'est aussi peut-être l'expérience qui s'affirme. Je n'ai pas beaucoup d'expérience en tant qu'entraîneur, trois ans à Bordeaux, deux ans chez les Bleus... Donc là aussi je prends de la maturité », avait-il ajouté. Pour garder le contrôle du jeu, Blanc a aussi eu une inspiration et un coup de chance. L'inspiration, c'est d'avoir rapidement renoncé à son 4-4-2 initial pour installer un 4-3-3 où le trio Verratti-Thiago Motta-Matuidi s'épanouit pleinement dans « le cœur du jeu », une expression qui revient souvent dans son discours. Le coup de chance, c'est d'avoir pour l'instant pu compter sur un Motta en pleine forme, quand les blessures à répétition de l'Italien avaient parasité la saison dernière le travail d'Ancelotti.
En tout cas, cinq mois après une première conférence de presse parisienne où il reconnaissait lui-même ne « pas être le premier sur la liste », Blanc est aujourd'hui en position de force.
« Laurent Blanc est un grand entraîneur et il mérite un long contrat. Je n'en discute pas avec la presse mais avec lui », a ainsi lâché al-Khelaïfi mercredi soir.

