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Liban

Harb accuse : Le Hezbollah a torpillé le système politique libanais et menace le pays d’implosion

C’est un véritable plaidoyer contre la perversion du système politique libanais par le Hezbollah auquel s’est livré hier le député Boutros Harb, dans le cadre d’une conférence sur le thème « Taëf, l’indépendance et la préservation du pluralisme », organisée hier par le Renouveau démocratique à Sin el-Fil et animée par le secrétaire général du parti, Hareth Sleiman. M. Harb a ainsi estimé que le Hezbollah a provoqué rien moins que « la chute du système politique libanais et des mécanismes démocratiques », remplacés par « l’hégémonie des armes et le langage de la force ».
La conférence, à laquelle a pris part le journaliste Jihad Zein, s’est déroulée en
présence des députés Dory Chamoun et Henry Hélou, des anciens ministres cheikh Michel el-Khoury, Nayla Moawad et Mohammad Abdelhamid Beydoun et des anciens députés Salah Haraké, Jawad Boulos et Salah Honein.
Après une allocution de bienvenue du président du Renouveau démocratique, l’ancien député Camille Ziadé, M. Sleiman a lancé les différentes pistes de réflexion du débat, avant de laisser la parole à Boutros Harb, qui a rappelé les diverses étapes de fondation du système politique libanais, jusqu’à la fin de la guerre et la mise en place de l’accord de Taëf. Il a indiqué que c’est dans le contexte d’une « conjonction d’intérêts entre l’Iran et la Syrie » que le Hezbollah avait acquis sa dimension dans l’après-guerre. « Une organisation politique et sécuritaire étrangère à l’identité culturelle nationale est alors née au Liban, a relevé Boutros Harb. Elle est opposée au concept d’un seul peuple aux appartenances religieuses et ethniques plurielles sur lequel le Liban a été édifié. Elle est aux antipodes des concepts fondamentaux sur lesquels la société libanaise a été créée, notamment l’État, la légalité, la démocratie, la citoyenneté et la participation pour fonder l’avenir du Liban. Le Liban est ainsi passé d’un État démocratique régi par une Constitution et une loi à un État chétif, en perte d’identité, gouverné par la loi de la jungle et par des mafias de despotes et de voleurs, aux dépens de la Constitution et de la loi », a indiqué M. Harb. Partant, les institutions ont été progressivement paralysées et l’État vidé de sa substance, a-t-il estimé.
« En fin de compte, la vie politique et démocratique est tombée au Liban, remplacée par le langage de la force, du despotisme, des armes, des meurtres, de l’unilatéralisme, de l’isolement, de l’hégémonie », a ajouté M. Harb, rappelant qu’aucun cabinet ne pouvait plus voir le jour sans avoir obtenu au préalable l’aval du Hezbollah et de ses alliés. « Surtout après qu’ils ont retourné leurs armes, qu’ils prétendent diriger face aux agressions d’Israël contre le Liban, en direction des autres Libanais pour imposer leur opinion et leur politique et pour dominer les institutions constitutionnelles », a ajouté M. Harb. Le Hezbollah a donc posé l’équation suivante à tous les niveaux de la vie politique au Liban, a noté le député : moi ou le chaos.
Boutros Harb a ensuite sévèrement condamné la participation du parti chiite aux combats en Syrie. « Comment protéger et immuniser l’indépendance du Liban – qui sort à peine de sa deuxième bataille pour l’indépendance contre la tutelle syrienne, ensanglanté par la perte d’un cortège de martyrs parmi les rangs de son élite politique et culturelle – lorsqu’un groupe de Libanais, sur mot d’ordre iranien et syrien, décide de participer à la guerre des autres en Syrie, sans en référer aux institutions étatiques et constitutionnelles qui détiennent le pouvoir de décision, et sans se concerter avec les Libanais avec lesquels ils partagent le même destin, la même vie, la même décision ? Peut-être comptaient-ils sur la complicité de certains marchands de politique et de pouvoir, sur leur silence enrobé de positions chétives, et qui prétendent ne pas cautionner cette ingérence dans la guerre syrienne, sans pour autant prendre l’initiative de leur demander des comptes et de remettre en question leur alliance stratégique avec eux... » a-t-il indiqué, dans une allusion claire au CPL de Michel Aoun.
Exprimant sa crainte quant à l’avenir du pays, M. Harb s’est demandé comment le Hezbollah peut accepter de sortir de cette manière du pacte national et de la démocratie. « Ou bien ils sont inféodés à des volontés étrangères qui leur font faire ce qui est dans leurs intérêts, et à qui ils ne peuvent pas dire non, ce qui constitue une catastrophe, ou bien ils œuvrent de leur plein gré, de leur propre chef et selon leurs convictions, de manière à torpiller le pacte national et la vie commune, ainsi que la reconstruction d’un Liban sur des bases différentes des valeurs et des principes originels, ce qui serait alors encore plus grave », a-t-il souligné. « Nous devons élever la voix pour demander aux forces de facto, au Hezbollah et à ses alliés, aux musulmans et aux chrétiens, de prendre conscience des dangers de ce qu’ils sont en train de faire et de leurs responsabilités historiques face à la poursuite d’une telle politique. Ils détruisent le Liban et torpillent son unité. Les armes, par le biais desquelles ils menacent sans cesse et qu’ils utilisent parfois contre les Libanais, frapperont certainement, au final, le Liban dans sa valeur, sa culture, ses symboles, sa démocratie, ses libertés, son entité et son indépendance », a ajouté Boutros Harb.
Et de conclure : « Le Hezbollah doit savoir qu’aucune renaissance n’est possible pour le Liban par l’oppression, la vengeance et l’arrogance. Pour préserver le Liban uni, le Hezbollah doit faire preuve de modestie, retourner à un climat d’entraide et d’unité, et faire prévaloir les intérêts du Liban et de toutes ses composantes sociales sur tout le reste. Il doit rendre la priorité à son allégeance au Liban plutôt qu’au wali el-faqih. Il doit œuvrer avec nous pour reconstruire la confiance entre les Libanais, pour que les parties ne craignent plus les traîtrises réciproques les unes des autres. Le Hezbollah a le choix entre poursuivre dans sa condescendance vis-à-vis de tous les autres Libanais et continuer à imposer ce qu’il veut au Liban, exposant ainsi le pays au risque de l’implosion, ou bien retourner dans le giron de la famille libanaise et contribuer à la réédification d’un État juste et capable de le protéger et de protéger tous les Libanais avec lui. »

C’est un véritable plaidoyer contre la perversion du système politique libanais par le Hezbollah auquel s’est livré hier le député Boutros Harb, dans le cadre d’une conférence sur le thème « Taëf, l’indépendance et la préservation du pluralisme », organisée hier par le Renouveau démocratique à Sin el-Fil et animée par le secrétaire général du parti, Hareth Sleiman. M. Harb a ainsi estimé que le Hezbollah a provoqué rien moins que « la chute du système politique libanais et des mécanismes démocratiques », remplacés par « l’hégémonie des armes et le langage de la force ».La conférence, à...
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