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Liban - Événement

Ibrahim Najjar élevé au rang d’officier de la Légion d’honneur

Une cérémonie s’est tenue hier à la Résidence des Pins au cours de laquelle l’ambassadeur de France Patrice Paoli a remis les insignes d’officier de la Légion d’honneur à Ibrahim Najjar, « ministre de la modernisation de la justice au Liban ».

« Il est des hommes dont la vie s’identifie à une cause et à un combat ; des pionniers porteurs d’espoir, qui bousculent la réalité et agissent au nom des valeurs qui les animent. » C’est en ces termes que l’ambassadeur de France à Beyrouth, Patrice Paoli, a choisi de décrire l’ancien ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, au cours de la cérémonie organisée par l’ambassade hier à la Résidence des Pins, en son honneur. Fervent amoureux de la langue française, juriste brillant, intellectuel engagé et ministre réformateur attaché au respect des droits fondamentaux de l’homme, transcendé dans sa lutte contre la peine de mort, Ibrahim Najjar mérite en effet de se joindre à la liste des Libanais qui ont consolidé les relations bilatérales, et que la France a choisi de distinguer en lui décernant les insignes d’officier dans l’ordre français de la Légion d’honneur.
Et c’est tout un parterre de figures politiques et juridiques, et d’amis, qui s’est réuni hier autour d’Ibrahim Najjar pour partager ce moment de gloire. Étaient présents le ministre sortant de l’Information, Walid Daouk, représentant le président Michel Sleiman et le Premier ministre sortant Nagib Mikati, le chef des Kataëb Amine Gemayel, Mohammad Machnouk, représentant le Premier ministre désigné Tammam Salam, les députés Robert Ghanem et Jean Oghassabian, le député Atef Majdalani, représentant le président de la Chambre Nabih Berry, le député Samir el-Jisr, représentant l’ancien Premier ministre Saad Hariri, le conseiller du leader des Forces libanaises Samir Geagea, Wehbé Katicha, les anciens ministres Ziyad Baroud, Bahige Tabbarah, Raymond Audi et Raya Hassan, les anciennes Premières dames Solange Gemayel et Mona Hraoui, le métropolite de Beyrouth, Mgr Élias Audi.
« Les idées neuves, quand elles sont portées avec conviction, courage et ténacité, finissent par s’imposer dans le débat public, a affirmé M. Paoli dans son allocution. Certes, elles y sont d’abord contestées ; mais contester une idée neuve, n’est-ce pas déjà lui faire une place ? Et un jour, ces idées nouvelles, comme celles portées par Ibrahim Najjar, acquièrent aux yeux de l’opinion une force d’évidence qui les consacre comme une vérité de la tribu. » Certifiant que l’ancien ministre a rendu « des services exceptionnels au Liban et à la longue histoire d’amitié qui unit les deux pays », M. Paoli a retracé les étapes du riche parcours du juriste, depuis l’USJ jusqu’au ministère de la Justice. « Vous êtes devenu ministre, estime Patrice Paoli en s’adressant à M. Najjar, non pas pour faire carrière en politique, mais pour occuper une fonction où vous ferez avancer les causes qui vous sont chères, celle d’une législation délivrée des scories du passé, celle d’une justice plus humaine, celle d’une magistrature impartiale et respectée. » Le diplomate s’est enfin penché sur l’attachement de l’ancien ministre à la francophonie et au rôle qu’il a joué dans le combat mené contre la peine de mort, rappelant que M. Najjar a refusé de signer en 2008 toutes les décisions de condamnation à mort, et qu’il est à l’origine d’un projet de loi en cours d’étude au Parlement à ce sujet. Et de conclure : « Votre combat pour la liberté, pour le droit, pour la justice, votre passion pour la vie, inspirent aujourd’hui notre plus grand respect et la reconnaissance de la France. »

 « Qu’est-ce que la France pour un Libanais ? »
De son côté, Ibrahim Najjar a remercié le président François Hollande et l’ambassadeur Paoli, affirmant être « heureux de compter parmi ceux que la République a distingués ». « Vous auriez pu vous poser des questions, notamment sur les implications de cette nomination, a-t-il dit. Elles sont tapies dans mes engagements pour le Liban et la personne, dans son éminente dignité, dans son absolue spécificité. Ces engagements ont été inaltérables, toujours dans la même direction. Chemin faisant, bien sûr, j’ai porté les couleurs du droit français au Liban comme en France. Mais aussi, indirectement, dans les pays qui nous entourent. Cet engagement dans l’intérêt bien compris du Liban fut, depuis longtemps, la politique de la France. Aucun pays, mieux que la France, toutes tendances confondues, n’a accepté d’apporter des sacrifices aussi généreux, parfois le sang de ses soldats et de ses émissaires, pour préserver le Liban », a-t-il clamé.
Refusant de s’attarder sur son propre parcours, M. Najjar a tenu à rendre « un modeste hommage à la France », posant la question : « Qu’est-ce que la France pour un Libanais ? »
« La langue française est une part de notre Liban, de notre fondamental identitaire, de notre patrimoine, a affirmé le juriste. Nous ne l’avons jamais oublié. Nous ne l’oublierons jamais. Certains vous diront là-bas qu’ils ont pleuré pour nous ; ici nous avons toujours compris qu’il fallait compter avec elle. La France fut une seconde “chance” pour nombre d’entre nous. Un tremplin vers l’universalité et le plurilinguisme salvateur et fécond. Elle demeure vivace au cœur de nos montagnes et de nos monastères, des écoles missionnaires ancestrales, de nos universités, de notre Constitution, de nos lois, même peu, mal appliquées. (...) Cette culture est en soi une certaine histoire du Liban. Ce n’est pas à moi de réécrire cette histoire ; elle ne peut l’être sans l’évocation de notre partenariat séculaire, toujours vivace. Depuis le Moyen Âge, en passant par Saint Louis, la déclaration du Grand Liban, et plus récemment encore, le 26 avril 2005, envers et contre tout. La culture qui unit nos pays est liberté, au singulier, au pluriel ; elle est levier d’ouverture, d’humanisme, d’esprit. Liberté identitaire. Droit à la différence. Humanisme solidaire et droits fondamentaux. Esprit critique. Ce n’est pas par hasard que beaucoup d’entre nous ont encore la chair de poule quand ils entendent entonner “La Marseillaise” avec notre “kulluna”. »
Ibrahim Najjar a ensuite fait l’éloge de l’édifice juridique français, avant de remercier son épouse, ses enfants et ses amis, « pour leur bouquet d’affection et d’amitié ».
« Il est des hommes dont la vie s’identifie à une cause et à un combat ; des pionniers porteurs d’espoir, qui bousculent la réalité et agissent au nom des valeurs qui les animent. » C’est en ces termes que l’ambassadeur de France à Beyrouth, Patrice Paoli, a choisi de décrire l’ancien ministre de la Justice, Ibrahim Najjar, au cours de la cérémonie organisée par l’ambassade hier à la Résidence des Pins, en son honneur. Fervent amoureux de la langue française, juriste brillant, intellectuel engagé et ministre réformateur attaché au respect des droits fondamentaux de l’homme, transcendé dans sa lutte contre la peine de mort, Ibrahim Najjar mérite en effet de se joindre à la liste des Libanais qui ont consolidé les relations bilatérales, et que la France a choisi de distinguer en lui décernant les...
commentaires (2)

IN HOMME TRÈS JUSTE DANS LE PAYS... AUJOURD'HUI... DE L'INJUSTICE. FÉLICITATIONS !

SAKR LOUBNAN

09 h 52, le 01 novembre 2013

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Commentaires (2)

  • IN HOMME TRÈS JUSTE DANS LE PAYS... AUJOURD'HUI... DE L'INJUSTICE. FÉLICITATIONS !

    SAKR LOUBNAN

    09 h 52, le 01 novembre 2013

  • Un sincère et bel hommage à la France de l'ancien ministre, Ibrahim Najjar. "Aucun pays, mieux que la France, toutes tendances confondues, n'a accepté d'apporter des sacrifices aussi généreux, parfois le sang de ses soldats et de ses émissaires, pour préserver le Liban". En toute modestie, j'ai toujours pensé et dit que la France comprenait le Liban et sa valeur inestimable mieux que certains de ses fils. Hélas !

    Halim Abou Chacra

    11 h 27, le 31 octobre 2013

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