Une installation où écrits, sons et images se confrontent comme les souvenirs.
C’est en partie en collaboration avec l’artiste du son Günther Auer que Bosse «construit» ce projet depuis 2011. Ces archives sont une collection qui s’élargit en continu: le matériel audio et visuel est utilisé dans des installations et des performances. Claudia Bosse travaille sur les signifiants sociopolitiques de la ville, proposant dans ses œuvres de nouvelles lectures critiques de l’espace urbain à travers des formes de «déplacements» artistiques.
Collection de récits individuels sur les changements politiques et économiques depuis 2011, en Afrique du Nord, Moyen-Orient, Europe et États-Unis, «Some Democratic Fictions» cherche à comprendre les événements et l’actualité, et tente d’organiser les informations et la narration en plusieurs zones de conviction, éthiques, espoirs, perspectives et conflits.
Ces archives explorent donc plusieurs réalités politiques et sociales. Avant Beyrouth, des interviews ont été enregistrées à New York, à Alexandrie, au Caire, à Tunis, à Frankfurt, à Zagreb, à Bruxelles, etc. Le but est de connaître les gens et leurs perspectives en les rencontrant dans le cadre intime et concentré d’une
interview.
«Les gens que j’ai interviewés venaient de différents milieux, âges et professions diverses», précise Bosse dont les activités se situent entre théâtre, installation, chorégraphie, intervention urbaine, conférences, projets de recherche et enseignement.
Née en 1969 en Allemagne, l’artiste a étudié la mise en scène à la Ernst Busch School of Dramatic Arts. De 2006 à 2008, elle était artiste associée au Théâtre du Grütli à Genève.
De 2006 à 2009, Claudia Bosse a créé une série de spectacles appelés «Producing Tragedy» avec notamment Chris Standfest et Gerald Singer.
Depuis 2010, elle travaille avec l’artiste sonore Günther Auer. Elle fait également des recherches sur les aspects politiques et hybrides du théâtre, en se basant sur la parole, le texte, les sons préenregistrés et l’autofiction.
En 2013, elle prépare «Some Democratic Fictions», une installation performative, et «Ideal Paradise», une nouvelle performance sur les catastrophes dans la série «Political Hybrids» en collaboration avec Günther Auer.
Le matériau de base de l’installation à Ashkal Alwan a été créé sur place, avec des volontaires; à travers la production d’entretiens et la récolte de documents personnels sur leurs vies, par un processus de réécriture des récits connectés à l’espace de la galerie.
C’est donc un projet in situ qui traite du positionnement des structures démocratiques, des hiérarchies de l’espace et des promesses d’un savoir objectivé.
Une galerie de récits, matériaux recueillis, pensées, souvenirs, vie et culture quotidienne, histoire... Dans une installation non pas multimédia, mais plutôt vivante. Très vivante.

