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Liban

Violée à répétition, sa fille de dix ans y échappe de justesse...

Roula avait 5 ans lorsque le mari de sa tante a commencé à commettre sur elle des attouchements. Ce dernier couchait aussi avec sa mère, qui « n’avait pas de scrupules, elle aussi, à tromper mon père, qui voyageait beaucoup dans le cadre de son travail, et avec qui elle a eu quand même deux enfants », confie-t-elle.
Roula a subi les sévices de cet oncle pendant plusieurs années. « Lorsque je dormais chez ma tante, il me sortait du lit et me prenait dans le sien, raconte-t-elle. Je ne comprenais pas pourquoi ma tante ne se réveillait jamais. Je pense qu’elle était sous somnifères. Il me battait, m’infligeait des brûlures avec son briquet. J’avais 12 ans lorsqu’il m’a violé. Lorsque je me suis décidée à tout raconter à ma mère, elle m’a annoncé qu’elle ne pouvait rien faire et que je devais me taire, parce que “ton oncle nous fait vivre”. En fait, mon père avait quitté son travail et nous traversions une période financière difficile. »


La situation devenant de plus en plus intolérable, Roula a accepté la demande en mariage du fils du propriétaire de l’immeuble où elle habitait. Elle avait 14 ans et a eu avec lui une petite fille. Mais quelques mois après le mariage, « il a commencé à me battre, à se droguer et à se rendre dans les bordels ». « Lorsque la société où il travaillait a décidé de le muter à Bahreïn, j’étais ravie, pensant qu’il allait me revenir changé, dit-elle. J’avais tort. Il s’est converti à l’islam et a épousé une autre femme, avec qui il a eu un enfant. »


Avec l’aide d’un chef religieux, Roula a réussi à obtenir une annulation de son mariage. Sa fille avait alors 3 ans. « J’ai réussi à inscrire ma fille dans une école respectable du Mont-Liban, qui m’aide dans la scolarité, continue-t-elle. J’ai aussi trouvé un travail qui me permettait de vivre décemment avec ma fille. Un jour, mon directeur m’a gentiment proposé de mettre ma fille, qui avait 10 ans, chez eux pour qu’elle étudie au lieu de la laisser au magasin avec moi. J’ai accepté, ravie de sa “bienveillance”. Mais un jour, elle est venue me raconter qu’il a essayé de la violer. J’ai présenté ma démission. »


De mésaventure en mésaventure, délaissée même par son frère jumeau qui avait pourtant « juré de prendre soin d’elle et de sa fille », Roula s’est remariée avec « un homme de trois ans mon cadet ». « Il était bipolaire et nous battait ma fille et moi, indique-t-elle. Je l’ai quitté. » Roula vit seule aujourd’hui avec sa fille. « J’essaie de me débrouiller. Je ne fais plus confiance qu’à mon créateur et à la Sainte Vierge. Eux seuls peuvent m’aider », conclut-elle.
Roula est une des nombreuses femmes victimes de toutes sortes de violences au Liban, dans un pays où la loi ne protège pas la femme, ni incrimine le viol conjugal, qui constitue un des multiples aspects de la violence sexuelle.
Pour que Roula et les autres femmes victimes de violences ne continuent pas à subir cette barbarie, et dans le cadre du lobbying qu’exerce la société civile pour aboutir à une loi qui protège la femme contre les violences, le Rassemblement démocratique de la femme libanaise a organisé hier, au palais de l’Unesco, une table ronde axée sur « la violence sexuelle infligée aux femmes ». Les spécialistes ont brossé un tableau de la situation au Liban, faisant remarquer dans ce cadre que « la fréquence de la violence sexuelle exercée sur les femmes a haussé au cours des dernières années au Liban, et même les réfugiées syriennes en sont victimes ».


Sur le plan législatif, de nombreuses failles restent à combler, mais les responsables politiques sont aux abonnés absents. Entre-temps, le nombre des femmes victimes de violences ne cesse de croître, dans l’attente d’un sursaut de conscience et de responsabilité du législateur libanais.

 

N. M.

Roula avait 5 ans lorsque le mari de sa tante a commencé à commettre sur elle des attouchements. Ce dernier couchait aussi avec sa mère, qui « n’avait pas de scrupules, elle aussi, à tromper mon père, qui voyageait beaucoup dans le cadre de son travail, et avec qui elle a eu quand même deux enfants », confie-t-elle.Roula a subi les sévices de cet oncle pendant plusieurs années. « Lorsque je dormais chez ma tante, il me sortait du lit et me prenait dans le sien, raconte-t-elle. Je ne comprenais pas pourquoi ma tante ne se réveillait jamais. Je pense qu’elle était sous somnifères. Il me battait, m’infligeait des brûlures avec son briquet. J’avais 12 ans lorsqu’il m’a violé. Lorsque je me suis décidée à tout raconter à ma mère, elle m’a annoncé qu’elle ne pouvait rien faire et que je devais me taire,...
commentaires (3)

Je suis toujours dans l'incompréhension la plus totale quand je lis ce genre d'information. Tout simplement, je n'arrive pas à intégrer le fait qu'il puisse se passer des choses pareilles. Cà ne relève pas de l'humain. Cà relève de la bestialité, de la sauvagerie la plus effroyable. C'est diabolique. Et ce silence, ce silence lourd, pire encore que le crime. Le silence de ceux qui savent, et qui se taisent. Coupables autant que le criminel. Et tous ces salauds qui ne veulent pas reconnaitre le viol conjugal, les "affaires de famille"....parmi eux beaucoup de nos députés, beaucoup de nos dignitaires religieux confondus...vous avez dit suisse du MO? Pays-message?

GEDEON Christian

11 h 56, le 02 octobre 2013

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Commentaires (3)

  • Je suis toujours dans l'incompréhension la plus totale quand je lis ce genre d'information. Tout simplement, je n'arrive pas à intégrer le fait qu'il puisse se passer des choses pareilles. Cà ne relève pas de l'humain. Cà relève de la bestialité, de la sauvagerie la plus effroyable. C'est diabolique. Et ce silence, ce silence lourd, pire encore que le crime. Le silence de ceux qui savent, et qui se taisent. Coupables autant que le criminel. Et tous ces salauds qui ne veulent pas reconnaitre le viol conjugal, les "affaires de famille"....parmi eux beaucoup de nos députés, beaucoup de nos dignitaires religieux confondus...vous avez dit suisse du MO? Pays-message?

    GEDEON Christian

    11 h 56, le 02 octobre 2013

  • Un peu tiree par les cheveeux cette histoire a repetitions et rebondissements multiples... Ce n' est pas ainsi que l'on sensibilisera le lecteur. C'est du sordide bon marche. Desole.

    Cadige William

    08 h 18, le 02 octobre 2013

  • Puisqu'ils n'ont rien à faire à part attendre voir ce qu'il va se passer en Syrie (ils n'ont donc rien à faire pendant au moins 10 ans), que nos éminents députés se penchent d'urgence sur une législation pour protéger la femme et incriminer toute violence conjugale, ça les occupera un bon moment et on pourra dire pour une fois qu'ils auront fait quelque chose de bien. Je ne comprends pas ce qui les retient de s'attaquer à ce sujet, sauf s'ils pratiquent eux aussi, en tant que bons mâles Libanais machos, ces mêmes violences sur leurs femmes.

    Robert Malek

    02 h 33, le 02 octobre 2013

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