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Liban

Au Lebanon Water Festival, les sports nautiques se professionnalisent

Sports Malgré quelques difficultés liées à la situation politique, le bilan de la seconde édition du Lebanon Water Festival est positif pour les organisateurs.
01/10/2013

Au terme d’un mois d’épreuves nautiques, le Lebanon Water Festival s’est terminé dimanche par une compétition d’apnée au « Blue Hole », entre Enfeh et Dbayeh, une crevasse sous-marine de plus de 80 mètres de profondeur. Dix-huit plongeurs ont participé à cette compétition, organisée sous l‘égide de la Fédération internationale CMAS de plongée et avec l’aide de la Fédération de plongée de Turquie.


Toute la matinée, les concurrents ont défié le « trou bleu » pour remporter l’épreuve, une première du genre au Liban. Pour ces plongeurs qui ont l’habitude du « free dive », il était difficile pourtant de se concentrer avec l’agitation qui régnait autour d’eux. Il faut dire que le dispositif de sécurité mis en place répondait aux normes internationales. « Les règles de sécurité sont très strictes », confirme Annette Khoury, coorganisatrice du LWF avec son père, Simon Khoury. « Il y a énormément de procédures à respecter pour que la plongée soit validée, et tout le monde doit respecter son rôle : le plongeur, les secouristes, les juges... C’est une découverte pour nous tous », ajoute-t-elle.
Dans l’ensemble, l’épreuve d’apnée s’est bien déroulée malgré deux frayeurs : « Nous avons eu deux remontées en urgence, mais heureusement rien de grave pour les deux participants », raconte Annette Khoury. Dans l’un des deux cas, le concurrent avait simplement oublié une étape de la procédure, ce qui a inquiété les plongeurs secouristes. « Peut-être que nous mettons un peu trop l’accent sur la sécurité, admet l’organisatrice, mais nous ne voulons pas prendre de risques. » L’encadrement imposé par l’organisation a pour but de professionnaliser la discipline.
Pour Khalil Hitti, vainqueur de l’épreuve avec une descente à 33 mètres, l’apnée « va se développer dans les années à venir avec ces compétitions ». Faire grandir ce sport, c’est justement l’un des objectifs du Lebanon Water Festival : « Cette épreuve est un test pour nous, appuie Annette Khoury, les prochaines étapes seront l’organisation de compétitions arabes, puis internationales, au Liban. »*

 

Descente en apnée.


Peu de concurrents internationaux
Pour cette seconde édition, le LWF a accueilli plusieurs disciplines nautiques à Tyr, Jiyeh, Dbayeh, Kaslik, Batroun et Enfeh. Au cours de ce mois de glisse, des nouveautés ont fait leur apparition : kiteboarding, stand-up paddle et apnée. Tout au long de l’événement, le public a donc pu découvrir ces sports réservés jusque-là aux professionnels et aux amateurs.


Parmi les temps forts, le spectacle de ski nautique à Tyr, le 8 septembre, a rassemblé environ 4 000 personnes. Un chiffre en baisse, toutefois, par rapport à 2012. En cause, les risques d’insécurité : « Nous aurions pu avoir plus de 20 000 personnes, affirme Simon Khoury, lui-même ancien champion du monde de ski nautique. Malheureusement, la situation politique nous a handicapés car nous avons été contraints de ne pas trop communiquer pour éviter de gros rassemblements. » Autre conséquence de l’instabilité du pays, la plupart des délégations étrangères prévues pour les compétitions ne sont finalement pas venues. « Seuls les Américains participant au spectacle de ski nautique ont fait le déplacement », note Annette Khoury. Au total, entre 70 et 80 sportifs ont participé à la manifestation.
Malgré l’absence de concurrents internationaux, les organisateurs s’estiment heureux d’avoir montré aux locaux le potentiel des côtes libanaises. « Nous n’avions jamais fait de compétition de surf ici, poursuit-elle. Pourtant, il y a des vagues au Liban, beaucoup plus qu’on ne le pense ! Il est possible de s’amuser à Jiyeh ou à Chekka, par exemple. »

 

 

Une fois remontés à la surface, les concurrents de l'épreuve d'apnée,sont pris en charge par les plongeurs secouristes.

 


« Être un tremplin »
C’est aussi cela, le Lebanon Water Festival : montrer les meilleurs « spots » aux amateurs de sensations fortes, à travers les différentes épreuves organisées pendant un mois. « Nous tentons de stimuler l’intérêt des Libanais pour les sports d’eau et les emmener vers les endroits appropriés, poursuit Annette Khoury. Nous voulons être un tremplin pour leur apporter une valeur ajoutée, une expérience. » Par l’intermédiaire des « clinics » (périodes d’initiation), de nombreux passionnés ont ainsi pu s’entraîner aux sports nautiques.


Pour la prochaine édition, Simon et Annette Khoury, aidés d’une dizaine de personnes qui composent le staff, prévoient d’ajouter de nouvelles épreuves et de modifier l’organisation : « Pour le surf, la compétition se déroulera pendant une période où les vagues sont plus nombreuses, en avril par exemple. Nous allons espacer les événements pour que le public ait le temps de venir. »


Les objectifs de l’ONG, eux, restent les mêmes. Derrière la mise en place de compétitions, il s’agit en filigrane de promouvoir le tourisme sportif et de sensibiliser à la dépollution des côtes. En effet, selon Annette Khoury, « plus on va mettre de gens dans l’eau, plus on va sensibiliser le grand public à respecter les plages et l’environnement ».

 

 

Pour mémoire
Lebanon Water Festival, un bel hommage au littoral

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