SAMO. Same old shit. Toujours la même merde. C’est ainsi qu’étaient signés les premiers graffiti de Jean-Michel Basquiat du côté des galeries de Manhattan, et gageons que si quelques bombes de peinture traînaient devant le stade Vélodrome, sur les coups de 23h, l’artiste d’origines portoricaine et haïtienne aurait trouvé quelques successeurs. Car si la défaite laisse souvent un goût amer, à Marseille comme ailleurs, ce revers de l’OM face à Arsenal est simplement indigeste, pour les supporters phocéens comme pour les joueurs, à l’image de Valbuena qui se demande s’il n’aurait pas mieux fait de partir à l’intersaison... Philippe Laurenson/Reuters
Pourtant grand habitué de la Ligue des champions, l’OM fait preuve de naïveté là où le club devrait redoubler de maturité et de clairvoyance. Au final, à Marseille, on décrit la même réalité, on dénonce les mêmes problèmes, match après match, C1 après C1, au point que tout le monde a le sentiment que tout ça n’est qu’un éternel recommencement.
Liverpool, Arsenal, Milan, Porto, Arsenal à nouveau ou d’autres grands noms encore. Tous ont redouté le déplacement au Vélodrome. D’autres, qu’ils soient italiens ou allemands, le redouteront à leur tour. Parce que, même du haut de son Olympe, le gratin européen sait qu’à Marseille, c’est la galère. On y trouve une équipe qui se bat, une équipe qui joue et un stade qui joue son rôle de douzième homme.
Mais les Phocéens n’ont plus de quoi s’enorgueillir. Car, après que Steven, Pippo, Aaron et les autres ont fait un détour par le Vélodrome, ce que ces équipes redoutent n’est pas la défaite, mais la difficulté. Quand on est une grande équipe, face à l’OM, on galère, mais on ne perd pas. Mieux, on peut gagner. En fait, il suffit d’attendre. D’attendre que Marseille ne marque pas et que la faille s’ouvre. Face à Arsenal, l’OM n’a pas démérité. Mais est-ce vraiment important ? Est-ce vraiment important de réaliser un bon match et une bonne première mi-temps ? Non. Demandez à Paris. Les hommes de la capitale sont critiquables pour leur niveau de jeu proposé en Grèce, surtout en première période, mais même si l’Olympiakos n’est pas Arsenal, c’est la victoire qui prime.
Morel - Gignac, l’axe du mal ?
Si ce qui ne tue pas rend plus fort, les Marseillais commencent à être les Schwarzenegger du football européen. Une fois, les Phocéens ont réussi à ne pas être les dindons de la farce. Ce soir-là, l’Inter Milan jouait le rôle de l’OM et André Ayew plantait de la tête pour punir les Italiens.
Depuis, mais surtout avant, en C1 comme en C3 face au Benfica ou à d’autres, l’OM demeure une équipe « capable de ». C’est tout.
Ce mercredi soir, l’équipe de Baup affichait un visage fondamentalement différent de celui proposé à Toulouse le week-end dernier : le collectif semblait être huilé, le trio Romao-Imbula-Valbuena fonctionnait bien.
En fait, c’est par ses faiblesses individuelles que l’OM paye à ce niveau-là. Jeter la pierre à Morel est normal. Certes, l’ancien Lorientais a, par le passé, souvent fait office de bouc émissaire pour masquer les lacunes phocéennes. Mais contre les Gunners, que ce soit dans son dos, où Walcott était pourtant à surveiller comme le lait sur le feu, ou sur le but gag encaissé par les siens, Jérémy a montré ses limites. Cela étant, comment le lui reprocher ? Il n’est pas fait pour la C1, et le fait qu’il soit aligné ce soir-là n’est pas de sa faute.
En revanche, on peut reprocher beaucoup de choses à André-Pierre Gignac. De ne pas connaître la règle du hors-jeu, notamment. Ou d’être assez peu utile dans ce genre de match où il n’aura pas l’occasion de dégainer sa spéciale, à part en touche.
Puisque l’OM est capable du pire comme du meilleur, et qu’après un match pareil, tout n’est pas à jeter, comment ne pas parler de la prestation de Gianelli Imbula ? À 21 ans, l’ancien joueur de Guingamp a réalisé une prestation XXL au milieu du terrain, aux côtés d’un Alaixys Romao toujours plus indispensable. Les deux hommes seront là face à Bastia, ce week-end, dans un match que les Marseillais savent compliqué. Car le retour de la C1, après une débauche d’énergie pareille, physique et mentale, est toujours compliqué. Le problème est qu’à Marseille, savoir les choses ne semble pas suffire...

