Alors qu’il reste trois épreuves à disputer d’ici à la fin de la saison, il ne manque qu’un point au pilote de la VW Polo-R pour sabrer le champagne que les patrons de Volkswagen s’apprêtaient à sortir du frigo hier.
Car à l’approche de la fin de la dernière spéciale, Ogier, qui devançait largement le Finlandais Mikko Hirvonen (Citroën) et le Belge Thierry Neuville (Ford), était virtuellement champion du monde. Jusqu’à ce qu’une crevaison retarde Hirvonen et permette à Neuville de lui ravir la deuxième place.
Un fameux coup de malchance pour Hirvonen et pour... Ogier, Neuville prenant les points suffisants pour priver le Français d’un immense bonheur.
« À quelques minutes de la fin, j’étais champion du monde. Puis cette crevaison d’Hirvonen a tout changé. C’est frustrant mais c’est comme ça », a réagi Ogier.
« Même si nous savions que ce scénario pouvait se produire, c’est un peu rageant », a déclaré la natif de Gap qui estime que le titre « ne peut plus (lui) échapper ».
« Dans ma tête, je suis champion du monde, c’est comme si c’était fait. Même si on ne peut pas encore l’écrire sur papier. »
Le pilote de la VW Polo-R totalise désormais 212 points pour 129 à Neuville, son ultime rival. L’écart entre les deux hommes est de 83 points alors que mathématiquement, le Belge peut encore engranger 84 points d’ici à la fin de la saison.
« Il faudrait que Thierry gagne les trois derniers rallyes de la saison ainsi que toutes les Power Stage et que moi je ne marque aucun point. Je sais qu’il est talentueux mais quand même... », souriait le Haut-Alpin, avouant éprouver « un sentiment étrange » au terme de l’épreuve australienne.
« Ça reste malgré tout un super week-end. Nous avons gagné le rallye et la Power Stage. On ne pouvait pas faire plus », a-t-il relativisé.
Ogier a effectivement été remarquable tout au long des quatre jours de compétition, signant dix-huit des vingt-deux scratches. Une razzia qui permet aussi à Volkswagen de se rapprocher un peu plus du titre constructeur.
Sébastien Ogier s’attend donc à être officiellement sacré début octobre au rallye de France en Alsace, lors d’un week-end où son compatriote Sébastien Loeb fera ses adieux au monde du rallye. De quoi perturber le pilote VW à qui le nonuple champion du monde risque bien de faire de l’ombre ?
« À moi de faire en sorte de remporter le rallye et j’aurai ce que je recherche là-bas. Mon objectif sera de gagner. Je veux devenir champion du monde avec la manière », a assuré Ogier dimanche.
« La seule chose qui me chagrine, c’est que j’ai l’impression qu’on me rajoute une charge de travail supplémentaire. Ce serait frustrant que Loeb gagne le rallye au moment où je deviens champion du monde. Je ne pense pas mériter ça », a-t-il poursuivi.
Le rallye de France risque donc d’être le dernier épisode spectaculaire du duel parfois houleux que se sont livré les deux Français ces dernières années.
Un duel qui avait connu son paroxysme en 2011, alors que les deux équipiers (chez Citroën) faisaient jeu égal dans la course au titre, Ogier avait été contraint de s’effacer devant son aîné, obligé de respecter les consignes imposées par les patrons de la marque aux chevrons.
Une situation qui avait poussé Ogier à quitter Citroën pour Volkswagen à qui il compte bien offrir le titre et la victoire en Alsace sur les terres de son meilleur ennemi.
©AFP


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