C’est Louis Armstrong qui l’a transposée outre-Atlantique.
C’est si bon/De se dir’ des mots doux/Des petits rien du tout/Mais qui en disent long.»
Comment est née cette chanson au parcours international qui continue à faire danser et chanter les amoureux? Composée par Henri Betti en 1947, C’est si bon a été écrite par André Hornez.
C’est en marchant place Masséna (à Nice) que les neuf premières notes – dit-on – viennent à l’esprit d’Henri Betti. Il fera immédiatement appel à son parolier André Hornez pour lui trouver un titre à la chanson. Ce dernier lui en suggère quelques-uns qui devraient, selon lui, ne comprendre que trois syllabes. Ainsi, parmi les dix titres qu’il lui propose, ce n’est que celui de C’est si bon qui retient l’attention de Betti. Mais Hornez se reprend en lui rappelant que Charles Trénet chantait à l’époque C’est Bon. Pour Betti, pourtant, c’est ce «si» qui fera toute la différence.
De Betti à Armstrong
Hasard ou coïncidence? La notoriété de ce titre ne sera pas hexagonale. En effet, Henri Betti commence par proposer cette chanson à Yves Montand qui la refusera (fait étrange, car lorsque la chanson sera populaire ce même Montand reprendra l’air dans son album Le Paris de Montand. L’éditeur de la chanson, Paul Beuscher, va donc faire appel à Suzy Delair qui acceptera de l’interpréter au premier Nice Jazz Festival en 1948. Cet événement artistique constituera le véritable tremplin pour cette mélodie puisque Louis Armstrong, présent au festival, enchanté par le rythme de C’est si bon, demandera à Suzy Delair et à Paul Beuscher s’il pouvait en faire un enregistrement en Amérique. Le disque sortit en 1950 et connaîtra un succès planétaire, devenant ainsi, grâce à la magie de la voix et de la présence de Satchmo, un tube inoxydable.
«Rendons à César ce qui est à César.» Ce n’est qu’en 1964 qu’Yves Montand enregistrera une nouvelle version de cette chanson. Il aura fallu donc qu’elle fasse le tour du monde et, plus particulièrement, qu’elle traverse l’Atlantique pour que C’est si bon retrouve ses origines françaises et se réapproprie la même notoriété. Depuis, elle ne cessera d’être chantée tant par Cliff Richard que par Arielle Dombasle (en 2006), ou encore par la chanteuse québécoise Nicole Martin tout en ne perdant rien de son goût léger, doux et suranné qui continue à séduire les amoureux.

