Avec un saut de 18,04 m, le Français Teddy Tamgho décroche la médaille d’or au triple saut et rentre dans le cercle très fermé des athlètes qui ont franchi la barre des 18 m. Antonin Thuillier/AFP
À eux deux, les sprinteurs jamaïcains Usain Bolt et Shelly-Ann Fraser-Pryce font mieux puisqu’ils ont chacun réalisé le triplé 100 mètres-200 mètres-4x100 mètres.
Même sans Yohan Blake, blessé, ni Asafa Powell, rattrapé mi-juillet par une affaire de dopage, le relais masculin a bouclé le tour de piste en 37’’36 devant les Américains et les Canadiens.
Usain Bolt a désormais le plus beau palmarès de l’histoire des Mondiaux : huit médailles d’or, comme Carl Lewis, Michael Johnson et Allyson Felix, mais également deux d’argent, contrairement au trio américain.
Chez les femmes, les Jamaïcaines ont signé un temps de 41’’29, nouveau record des championnats du monde, la deuxième place revenant initialement aux Françaises Céline Distel-Bonnet, Ayodelé Ikuesan, Myriam Soumaré et Stella Akakpo.
Mais les Bleues ont perdu leur médaille en raison d’un mauvais passage de témoin et leur appel a été rejeté. Point final d’une histoire qui ressemblait jusque-là à un conte de fées pour les relayeuses françaises, très loin d’être favorites.
En théorie moins performantes, elles avaient soufflé la deuxième place aux Américaines grâce à des passages de témoin plus fluides et à une dernière ligne droite foudroyante de Stella Akakpo.
Dans le club des hommes à 18 m
Contrairement aux relayeuses, Teddy Tamgho pouvait raisonnablement espérer offrir une première médaille d’or à la France depuis 2005. Malgré ses vingt mois d’absence jusqu’au printemps 2013 pour cause de blessures.
« Je dirais même que j’ai plus de chances maintenant. Parce que les épreuves forgent le mental. Je sais que sur le plan psychologique, je serai beaucoup plus apte à faire face à un adversaire coriace », disait-il à Reuters en juin. À Moscou, cet adversaire coriace a eu pour nom Pedro Pablo Pichardo. Le Cubain, qui avait réalisé le meilleur bond de l’année avant le début de la compétition, a sauté à 17,68 mètres à sa deuxième tentative.
Dos au mur, Teddy Tamgho a fait aussi bien à son quatrième essai avant de bondir à 18,04 mètres à son sixième et dernier saut.
Jamais le Français n’avait sauté si loin. Cette performance lui ouvre de nouvelles perspectives, y compris celle de battre un jour – peut-être – le record du monde du Britannique Jonathan Edwards vieux de 18 ans (18,29 mètres). En attendant, il peut se vanter d’avoir rejoint à seulement 24 ans son illustre aîné et l’Américain Kenny Harrison dans le club fermé des hommes au-delà de 18 mètres.
« C’était une très belle finale, j’ai eu la chance de sortir ce saut. Je remercie tous ceux qui m’ont soutenu pendant ces deux ans. Je la dois à tous les Français qui m’ont dit de continuer de persévérer et je leur dois cette médaille, du fond du cœur », a-t-il dit sur France Télévisions.

