L’opposition a affirmé que les enquêteurs pourraient accéder « sans entraves » aux sites sous son contrôle où des armes chimiques auraient été utilisées. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a remercié le gouvernement syrien pour sa « coopération » et réaffirmé que l’objectif de l’ONU était une « enquête totalement indépendante et impartiale ». Selon l’ONU, la France, la Grande-Bretagne et les États-Unis lui ont signalé 13 attaques à l’arme chimique. Ces trois pays ont affirmé que les attaques ont été le fait des troupes d’Assad, alors que la Russie, le principal allié du régime syrien, a affirmé que son enquête a révélé l’emploi de gaz sarin par les rebelles à Khan al-Assal.
Assad « effondré »...
Par ailleurs, dans un entretien hier à un journal saoudien, le chef de l’opposition syrienne Ahmad Jarba a déclaré que Bachar el-Assad était « effondré » et que la Syrie était en fait gouvernée par son allié iranien. M. Jarba a en outre affirmé que les combattants de l’opposition contrôlaient désormais près de la moitié du territoire syrien et que les prochains mois seraient « décisifs ». Le chef de l’opposition a de plus répété son refus « que Bachar ou quelqu’un de son clan » prenne part à une solution politique au conflit syrien qui dure depuis plus de deux ans et demi. De toute manière, Assad « ne gouverne pas en ce moment la Syrie, les véritables dirigeants sont les gardiens de la révolution iraniens (...) et les combattants du Hezbollah », a affirmé M. Jarba. Il a lancé un nouvel appel aux pays le soutenant de fournir des « armes modernes » aux rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL).
Pour sa part, le président Assad a répété hier qu’il était déterminé à « extirper le terrorisme », dans une allusion aux rebelles et opposants syriens qui tentent de renverser son régime. « La Syrie a salué tous les efforts constructifs et sincères pour tenter de trouver une solution politique à la crise », a déclaré M. Assad. Mais Damas « est aussi déterminé à affronter (...) le terrorisme », a ajouté le président. « La cohésion entre l’armée héroïque et le peuple aidera à vaincre » la rébellion, a également déclaré M. Assad.
Massacre de chrétiens
Sur le terrain, des combats violents faisaient rage hier dans la province de Lattaquié, où l’armée a tué un émir jihadiste libyen, a rapporté l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). L’armée a envoyé « des renforts massifs » à Lattaquié pour combattre les rebelles et « a bombardé violemment les zones rebelles », a indiqué le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane. La télévision d’État syrienne a affirmé que l’armée avait récupéré des positions rebelles dans la province, dont Kharata, Janzuriyeh, Baluta, Baruda et Hambushiyeh. Mais selon M. Abdel Rahmane, qui a qualifié les combats de « féroces », « l’armée a seulement été capable de sécuriser les périphéries de certains villages ». Ailleurs, l’armée de l’air a pilonné la région de Jabal al-Arbaïne dans la province d’Idleb, les villes de Daraya et de Zabadani près de Damas, ainsi que Deir ez-Zor. Une zone rebelle dans la province de Homs a également été frappée.
Samedi, les violences ont causé la mort d’au moins 124 personnes à travers le pays, a encore affirmé l’OSDH. Ce même jour, des rebelles ont tué 11 personnes, chrétiennes pour la plupart, dans une attaque contre un barrage routier à l’ouest de Homs. Enfin, toujours samedi, l’armée israélienne a procédé à des tirs de représailles après des tirs d’obus syriens sur la partie du plateau du Golan occupée par l’État hébreu, a annoncé un porte-parole de l’armée israélienne.
(Sources : agences
et rédaction)

