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Messe traditionnelle pour la France à l’archevêché de Aïn Saadé

L’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, a célébré jeudi à la résidence archiépiscopale, à Aïn Saadé, la messe traditionnelle, suivie d’un déjeuner, à l’intention de la France et à l’occasion de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie, une tradition perpétuée depuis plusieurs décennies. En présence de figures religieuses et de nombreuses personnalités politiques et diplomatiques françaises, dont le chargé d’affaires de France, Jérôme Cauchard, Mgr Matar a d’abord prononcé une homélie évoquant le rôle de la Vierge Marie dans la foi et dans l’Église, priant pour la paix dans le monde, ainsi qu’en France et au Liban. « L’Assomption de la Vierge nous invite à nous dépasser nous-mêmes dans nos engagements envers la paix, a souligné Mgr Matar. À cet égard, nous sommes certains que la France, dont la tradition est celle des droits universels, demeurera dans son action internationale au service de cet universel. La France a toujours été alliée aux droits des peuples. Elle aura donc un regard fraternel sur cet Orient avec toutes ses composantes, et n’en laissera tomber aucune de sa sollicitude », a estimé Mgr Matar, qui a ensuite évoqué les relations entre les deux pays et le rôle du Liban dans le printemps arabe « qui s’est éclos dans plusieurs pays de la région », avant qu’« une vague de fondamentalisme déferle sur ces mêmes pays, mettant en danger de mort le rêve de la citoyenneté voulue dans l’égalité et la liberté pour tous ».
« Face à cette crise d’identité ou à cette crise de croissance au cœur du monde arabe, a déclaré Mgr Matar, il était attendu que le Liban puisse jouer un rôle de guide ou d’exemple vivant d’un pays rodé à la démocratie, et capable de créer un équilibre harmonieux entre unité nationale et pluralisme religieux ou culturel. Malheureusement, le rôle du Liban dans ce sens se trouve aujourd’hui plus ou moins suspendu, à cause des divisions politiques qui continuent de ronger son tissu social », a déploré Mgr Matar, regrettant que « le Liban soit aujourd’hui frappé d’incapacité de jouer son rôle de figure de proue dans cette région au moment où elle a un besoin immense d’être guidée au cœur de sa propre crise ».
Et d’ajouter : « La responsabilité nous incombe, à nous Libanais tout d’abord, et à nos amis par la suite, en particulier la France, de dépasser la crise actuelle, dans le respect des constantes sur lesquelles ce pays a été fondé. Pour y arriver, nous aurions besoin d’amis qui s’adressent à tous les Libanais, sans entrer dans nos divisions et sans essayer de favoriser une partie des citoyens contre une autre. À cet égard, l’amitié qu’a la France pour tous les Libanais sans exception est un atout majeur pour inviter à rétablir un climat de confiance entre eux. La France est liée d’une amitié séculaire avec le Liban, et cette amitié n’a jamais été fondée sur un simple concours d’intérêts, mais plutôt sur une communion de valeurs fondamentales ».
Pour sa part, Jérôme Cauchard a exprimé « son grand bonheur et sa fierté à perpétuer cette tradition et à représenter mon pays, en cette circonstance solennelle, conviviale et fraternelle ». « La rencontre du patriarche Raï et du président François Hollande, le 9 avril dernier, témoigne de l’attachement de la France à l’Église maronite, a-t-il expliqué. À cette occasion, le président a rappelé la force des liens qui unissent notre pays aux maronites du Liban et au patriarcat. Conscient de l’inquiétude des chrétiens pour le respect de leur identité et leur avenir au Liban, le président de la République a alors souligné toute l’attention portée aux chrétiens du Moyen-Orient, et singulièrement du Liban, qui constituent une composante essentielle de la société libanaise, à qui ils donnent cette singulière convivialité que l’on peut qualifier d’exemplaire même si elle a subi épreuves et remous au cours des siècles. »
Et de poursuivre : « La France, comme toujours, se tient aux côtés du Liban, sans arrière-pensées. Les crises, une nouvelle fois, ébranlent la région. Elles rappellent à nouveau au Liban combien il est entouré de convoitises et combien il ne peut, en tant que carrefour des valeurs spirituelles et des entreprises temporelles comme le disait Michel Chiha, se construire totalement isolé des secousses extérieures. Les épreuves ne manquent pas actuellement et l’hospitalité des Libanais à l’égard des réfugiés en provenance de Syrie vous fait honneur. Sachez que la France et l’Union européenne sont à vos côtés pour faciliter cet accueil et vous aider à en supporter les coûts si considérables. Mais le Liban ne doit pas, si vous me permettez d’exprimer notre sentiment, se laisser entraîner dans des conflits qui ne sont pas les siens. »
M. Cauchard a finalement salué le « dynamisme » de la francophonie au Liban, réitérant le soutien de son pays pour « préserver l’équilibre du pays où existent la collaboration entre les différentes Églises, dans un esprit fraternel de communion avec les autres chrétiens, et la convivialité et le dialogue respectueux entre les chrétiens et leurs frères d’autres religions ».
L’archevêque maronite de Beyrouth, Mgr Boulos Matar, a célébré jeudi à la résidence archiépiscopale, à Aïn Saadé, la messe traditionnelle, suivie d’un déjeuner, à l’intention de la France et à l’occasion de la fête de l’Assomption de la Vierge Marie, une tradition perpétuée depuis plusieurs décennies. En présence de figures religieuses et de nombreuses personnalités politiques et diplomatiques françaises, dont le chargé d’affaires de France, Jérôme Cauchard, Mgr Matar a d’abord prononcé une homélie évoquant le rôle de la Vierge Marie dans la foi et dans l’Église, priant pour la paix dans le monde, ainsi qu’en France et au Liban. « L’Assomption de la Vierge nous invite à nous dépasser nous-mêmes dans nos engagements envers la paix, a souligné Mgr Matar. À cet égard, nous sommes...