Gharam et Nafeh ont perdu leurs parents en Syrie et sont pris en charge par un cousin débordé au camp de Qab Élias.
De plus, un abri accueille les enfants et les femmes vulnérables afin de les protéger d’éventuels abus physiques et sexuels, précise le texte, en soulignant que Caritas Liban leur fournit également des soins de santé primaire de qualité divers et gratuits. Un de ses centres, situé à Taalabaya, accueille quotidiennement 50 à 100 nouvelles familles nécessiteuses et deux de ses cliniques mobiles sillonnent la Békaa pour soigner les réfugiés. « Nous observons de très nombreux cas de diarrhées, de gale, de poux, d’allergies cutanées et de leishmania », relève le pédiatre du centre, Joseph Homsi. « Nous leur offrons des tests, des soins primaires, pédiatriques et obstétriques, des médicaments et des vaccins. Des sessions de conscientisation à la santé sont programmées », souligne de son côté Rania Bteich, directrice du Centre médico-social de Caritas Liban à Rayfoun.
À Tripoli, près du bord de mer, vivent Alia (40 ans), son mari et ses quatre enfants, dans une petite bâtisse faite de bouts de bois et de métal donnés par des familles libanaises voisines. « L’argent est notre priorité. Au début, j’aidais mes voisins mais aujourd’hui, nos économies se sont volatilisées et mon fils a besoin d’importants soins médicaux », avoue-t-elle. Le cas de Alia et de sa famille résume la situation tragique de toutes les familles de réfugiés, installées sans ressources au Liban.
Assistance psychologique
« Notre rôle est de nous tenir à leurs côtés. Les gens ont aussi besoin d’affection et nos assistantes sociales offrent une oreille attentive à leurs douleurs. Cela leur redonne espoir. La crise syrienne est l’une des plus difficiles que nous ayons eu à gérer », souligne le père Simon Faddoul, président de Caritas Liban.
Les psychologues des centres de Caritas et ses travailleurs de proximité rendent visite aux familles pour leur offrir conseils et thérapies. Des activités sont organisées pour les enfants. « L’un des problèmes les plus sérieux est l’impact psychologique des expériences vécues par les réfugiés syriens. Notre encadrement les rend plus positifs. Les enfants sont plus heureux et attendent les sessions avec impatience », observe Maureen Mahfouz, psychologue de Caritas Liban. Mais cela est souvent éprouvant. « Lorsque j’écoute leurs récits, j’ai l’impression que ma tête va exploser, » confie Mireille, l’une des assistantes sociales.
Et pour cause : presque chaque famille a une histoire déchirante ou vit dans des conditions des plus pénibles :
Gharam (11 ans) et Nafeh (10 ans) ont pu être évacués de leur maison détruite en Syrie, mais malheureusement, leur mère et leurs trois frères et sœurs y ont péri. Les deux enfants vivent à présent dans un camp de réfugiés à Qab Élias avec leur grand cousin Abboud. « Gharam et Nafeh devront bientôt travailler, il m’est impossible de faire vivre tout le monde avec ce que je gagne », déclare Abboud, qui s’occupe aussi de neuf autres membres de sa famille. « Nous avions une vie merveilleuse, j’allais à l’école, j’avais des amis ! Aujourd’hui, mon frère et moi pleurons sans arrêt. Nous ne pouvons vivre sans notre maman, nous avons besoin d’elle », confie Gharam.
Amina (21 ans) vit avec son mari, ses deux enfants et 20 personnes dans un minuscule appartement situé dans le camp de réfugiés palestiniens de Dbayé. Elle va bientôt donner naissance à son troisième enfant. « Ici, la vie est très difficile. Dès que la guerre sera finit, nous retournerons en Syrie », confie-t-elle.
Au monastère Saint-Gabriel (Mont-Liban), refuge de familles chrétiennes syriennes, vivent Siham, son mari Malak et leur fils Krist (13 ans). Il y a quelques mois, ils ont été attaqués, volés et abandonnés dans un lieu isolé par des hommes armés. Traumatisé, Krist souffre de phobies et de flash-back de gens qui essayent de l’étouffer avec leurs longs ongles rouges.
Aide au logement
Toujours dans un souci d’assistance humanitaire, Caritas Liban contribuera prochainement au paiement du loyer de 400 familles et du transport scolaire de 1 000 enfants.
Khatar (42 ans), ses six enfants et dix-huit personnes partagent une étable qu’ils doivent quitter bientôt. Ils ne savent où aller. Chaque jour est un nouveau combat.
Avec environ 120 personnes, Hoda et ses enfants Bilal (1 an), Mohammad (6 ans) et Sora (5 ans) ont trouvé refuge dans un immeuble de 5 étages, à moitié terminé. « Les enfants disent que l’immeuble est hanté, dit-elle. Le propriétaire ne nous fait rien payer et des familles libanaises nous ont donné des matelas et des couvertures. » Son plus grand défi : nourrir ses enfants ; son souhait le plus cher : rentrer chez elle.


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