Équipés d’un micro-ordinateur, d’un GPS, d’une boussole et d’un altimètre, les drones se déploient très facilement et rapidement grâce à l’application cartographique Google Maps. Photos Ernesto Benavides/AFP
« Les appareils sont de petite taille, équipés de caméras et d’appareils photo de haute précision et passent quasiment inaperçus dans le ciel », explique Andres Flores, ingénieur électronique et responsable du Groupe de système d’avions sans pilote de l’Université pontificale catholique du Pérou (PUCP), qui participe activement au développement de drones à usage civil. « Nous sommes parvenus à mettre en œuvre des applications dans le domaine agricole ». Ainsi, dans de nombreuses grandes exploitations, les drones « collectent des informations sur l’état des plants », explique-t-il.
« Dans l’agriculture, les drones permettent d’observer une plus grande surface de cultures pour estimer la santé des plants et leur croissance. Les appareils photos dont les drones sont équipés fournissent 500 données (...) là où l’œil humain n’en perçoit qu’à peine 10 », assure Hildo Loayza, un physicien spécialisé dans l’utilisation de drones pour l’agriculture au Centre international de la Papa, à Lima. Selon lui, la précision de ces images permet de « mesurer la lumière et de repérer les maux des cultures tels que le stress lié à la chaleur, à la sécheresse ou au manque de nutriments ».
De même, les drones sont aujourd’hui utilisés dans le pays andin pour cartographier des sites archéologiques et « mieux connaître les caractéristiques de chaque site et leur extension », poursuit M. Flores, selon lequel « ces deux domaines (archéologie et agriculture) requièrent une grande précision et toutes les données possibles pour optimiser les travaux ».
L’archéologue Luis Jaime Castillo, qui dirige l’exploration de ruines de la civilisation moche (Ier au VIIe siècle après J-C) à San Ildefonso et San José de Moro, sur la côte nord péruvienne, utilise quatre drones pour ses recherches. « Avec les photos prises, on peut repérer des murs, des places, le tracé de la ville » ainsi que des indications sur la topographie, qui permettent ensemble d’établir des plans tridimensionnels quand la dégradation ou le pillage de ces sites s’accélèrent, détaille l’archéologue.
Une régulation nécessaire
Mais selon M. Flores, les possibilités sont multiples au-delà de ces deux domaines. Il cite notamment l’observation de la faune dans les zones inaccessibles, l’évaluation des désastres naturels ou la surveillance du trafic et de l’ordre urbains. Équipés d’un micro-ordinateur, d’un GPS, d’une boussole et d’un altimètre, les drones se déploient très facilement et rapidement grâce à l’application cartographique Google Maps. Les chercheurs de la PUCP les fabriquent avec des matériaux légers comme la fibre de carbone et le balsa. Ils volent à basse altitude, ce qui les rend efficaces même si le ciel est couvert, plaide Aurelio Rodriguez, un archéologue qui s’est spécialisé dans l’utilisation de ce type d’appareils.
En juin dernier, la conférence TEDGlobal à Édimbourg a relevé que 200 engins avaient été construits et sont utilisés depuis janvier par des groupes de protection de l’environnement notamment en Suisse, en Indonésie, à Madagascar, au Congo, aux États-Unis ou au Groenland. De même, ils pourraient être utilisés pour transporter dans des zones inaccessibles des produits essentiels comme des médicaments ou des vaccins. Une première expérimentation a eu lieu en 2012 dans un camp de réfugiés en Haïti.
Au Pérou, aucune loi n’encadre l’exploitation civile de ces appareils, ce qui selon M. Flores pose un certain nombre de problèmes, notamment en termes de violation de la vie privée dans les zones urbaines. C’est pourquoi le chercheur plaide pour une régulation.
(Source : AFP)

