Double championne olympique (Athènes 2004 et Pékin 2008), la tsarine peut y décrocher un 3e titre mondial, après ceux de 2005 et 2007, et surtout renouer avec sa période faste.
Car, depuis l’or pékinois, l’ex-gymnaste de Volgograd (ex-Tsarytsine et Stalingrad) n’a gagné qu’un titre mondial, mais en salle, en 2012 à Istanbul.
« Je suis en bonne forme et il ne m’a fallu qu’un saut pour me qualifier (4,55 m). Je ne ressens pas la pression », a-t-elle expliqué dimanche soir.
Isinbayeva a aussi infirmé, mais elle en a pris l’habitude, des propos tenus il y a quelques semaines sur sa décision de mettre un terme à sa carrière après Moscou.
Dimanche, elle a plutôt évoqué un « break » pour « fonder une famille », entendre avoir un enfant, et, éventuellement, revenir pour les Mondiaux de Pékin 2015 et les Jeux de Rio, en 2016.
Pourtant, la perchiste aux 18 records du monde qui culminent à 5,06 m, « accélératrice » de sa discipline comme le fut chez les messieurs Sergei Bubka, n’est plus seule sur le toit du monde. L’Américaine Jennifer Suhr et la Cubaine Yarisley Silva, or et argent aux Jeux de Londres, où Isinbayeva avait touché seulement le bronze, veulent aussi occuper la scène au Luzhniki.
Avant l’entrée de la diva, la Russie se passionnera pour ses « prolétaires » de la marche, avec sur 20 km la glorieuse Olga Kaniskina, à la conquête d’une 4e titre mondial consécutif, et la jeune Yelena Lashmanova, qui l’avait privée de l’or aux Jeux de Londres.
Le roi absent
D’ailleurs, le pays hôte aurait pu espérer ce soir un 3e or. Mais Yuliya Zaripova, championne du monde 2011 et or olympique du 3 000 m steeple, a dû renoncer, après avoir heurté une barrière à l’entraînement. Le podium sera donc une affaire entre Éthiopiennes et Kényanes. David Rudisha, champion olympique et du monde du 800 m, également détenteur du record planétaire (1’40’’91) établi en finale des Jeux, aurait dû partager la vedette avec Isinbayeva. C’était sans compter avec une blessure en début de saison. Une aubaine pour un lot homogène de finalistes, d’où ressort pourtant Mohammad Aman.
« Le temps est venu de gagner le titre pour mon pays », a souligné Aman. Ce serait une première sur le double tour de piste pour l’Éthiopie, grande pourvoyeuse de fondeurs.
La finale du 400 m, en clôture de programme, proposera probablement l’affiche attendue du duel sous les 44 secondes entre l’Américain La Shawn Merritt, champion olympique 2008 et du monde 2009, et le Grenadin Kirani James, son successeur sur les deux tableaux.
À l’heptathlon, en l’absence de la Britannique Jessica Ennis, championne olympique, et de la Russe Tayana Chernova, tenante du titre mondial, les prétendantes sont nombreuses, avec en outre l’irruption d’une nouvelle génération symbolisée par la Belge Nafissatou Thiam et la Cubaine Yorgelis Rodriguez, 18 ans chacune.
(Source : AFP)

