En 1911, il lance les « Parfums de Rosine » du nom de l’une de ses filles. Ce précurseur devient le premier couturier à commercialiser ses propres parfums, en considérant qu’ils sont une partie centrale de la parure féminine, explique une présentation de l’exposition. Il s’entoure d’une maison de parfumeurs de Cannes-la-Bocca, filiale d’un établissement de Grasse, mais aussi d’artistes pour dessiner les flacons.
Le musée de Grasse présente une collection de flacons accompagnés par leurs boîtes-écrins stylisées en carton, ainsi que des éventails, des cartes parfumées et des affiches publicitaires vantant ces élixirs. Paul Poiret se lance aussi dans les vaporisateurs, peints par des jeunes filles défavorisées, invitées à s’exprimer librement dans « les Ateliers Martine » de création.
Pour faire découvrir cet homme éclectique et audacieux, le musée de la parfumerie expose également plusieurs robes du célèbre couturier (inspirées par sa femme et muse Denise), ainsi que des photos et des films d’archives dévoilant ses fêtes extravagantes où se pressait le Tout-Paris. Ce collectionneur d’art comptait parmi ses amis André Derain, Kees Van Dongen, Henri Matisse, Pablo Picasso ou encore Raoul Dufy. Ce dernier lui a d’ailleurs dessiné de splendides imprimés avec des motifs floraux ou animaliers, exposés à Grasse. Après les années fastes, ses maisons de couture, de parfumerie et d’art décoratif sombreront avec la crise de 1929. Paul Poiret meurt à Cannes, seul et ruiné.
Des rétrospectives à New York (2007) et Moscou (2011) s’étaient focalisées sur la haute couture, sans traiter à part entière son activité de parfumeur, soulignent les organisateurs. L’exposition comprend des fonds propres du musée et de grandes institutions, mais aussi des prêts inédits de collections privées. C’est l’occasion aussi de visiter les collections permanentes du Musée international de la parfumerie (ouvert tous les jours), vaste panorama sur l’histoire et l’industrie de la parfumerie française, dont le berceau historique est à Grasse.


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