« La Mort d’Othello » de Pompeo Molmenti restaurée par la maison Louis Vuitton.
Situé à deux pas de la place Saint-Marc, dans la maison Louis Vuitton, l’espace culturel Louis Vuitton de Venise entraîne l’art contemporain à la rencontre du legs artistique de la Sérénissime. À l’occasion de chaque nouvelle exposition, un artiste contemporain aura carte blanche pour répondre, par une création originale et in situ, à une œuvre du patrimoine vénitien. Cette mise en perspective de l’art d’hier avec celui d’aujourd’hui est une manière de rompre les cloisonnements, de rattacher l’art contemporain à ses racines et de célébrer l’extraordinaire vitalité et actualité de l’art classique. C’est également une façon de faire découvrir autrement les trésors de Venise.
Ce dispositif a été rendu possible grâce au partenariat que Louis Vuitton a noué avec la Fondazione Musei Civici di Venezia (MUVE). Louis Vuitton s’est engagé à restaurer des œuvres appartenant au patrimoine de la Fondation MUVE. En échange, cette dernière prête à l’espace culturel Louis Vuitton de Venise des œuvres appelées à recouvrer un sens inédit grâce au dialogue audacieux qu’elle entretiendra avec une création de la scène artistique contemporaine.
L’exposition «Where should Othello go?»
Première exposition de l’espace culturel de Venise, «Where Othello shoud go?» (du 1er juin au 24 novembre 2013) a été conçue par l’historien de l’art Adrien Goetz et le commissaire d’exposition Hervé Mikaleoff. Elle s’ordonne autour d’une œuvre de l’artiste Pompeo Molmenti (1819-1894), restaurée grâce au soutien de Louis Vuitton. En mettant à l’honneur le chef-d’œuvre d’une figure incontournable de l’histoire de l’art vénitien, dont le sujet – La Mort d’Othello (1866) – se rapporte à un personnage légendaire et emblématique de la Cité des Doges, l’exposition entend rendre hommage à Venise d’une manière suggestive et insolite. En effet, face au tableau de Pompeo Molmenti, une installation visuelle et sonore de l’artiste contemporain Tony Oursler (né en 1957), intitulée Strawberry-Ecstasy-Green, invite à renouveler les interprétations classiques d’une œuvre de facture moins conventionnelle qu’il n’y paraît. Combinant vidéos et formes sculptées en verre de diverses teintes – ce qui ne manque pas de rappeler le travail des artisans-verriers de Murano –, Tony Oursler a réactivé la symbolique des couleurs associées à la tragédie d’Othello (l’assassinat de Desdémone et le suicide d’Othello; le vert de la jalousie; le noir de la peau et la noirceur finale de l’âme du Maure de Venise, etc.) pour faire ressortir des traits psychologiques et des émotions à valeur intemporelle.
Ce face-à-face Molmenti/Oursler autour de la figure d’Othello conduit à éprouver tout à la fois le choc des contrastes et le charme des correspondances complices et singulières.
À l’issue de l’exposition, l’œuvre de Pompeo Molmenti, La Mort d’Othello, retournera au musée Ca’ Pesaro.


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