"Il y a une pression populaire claire pour ouvrir le front de résistance (contre Israël) au Golan (...) Il y a plusieurs facteurs, (dont) les agressions israéliennes répétées", a-t-il dit en allusion aux raids israéliens sur des cibles militaires près de Damas ces derniers mois.
Le plateau du Golan a été occupé par Israël en 1967 et depuis cette date il n'y a pas eu de violences entre les deux pays, théoriquement en état de guerre. Des incidents mineurs y ont eu lieu depuis le début il y a un peu plus de deux ans du conflit en Syrie.
Alors que les troupes du régime mènent une bataille acharnée contre les rebelles, M. Assad a dénoncé "une guerre mondiale menée contre la Syrie et la politique de résistance" en allusion à l'axe Syrie-Iran-Hezbollah contre Israël.
Mais, a-t-il ajouté "nous sommes très confiants dans la victoire".
Le président syrien, appelé à quitter le pouvoir par l'opposition et les Occidentaux, a indiqué qu'il n'hésiterait pas à se présenter à la présidentielle de 2014 si le peuple le voulait.
"Cette question sera décidée au moment voulu (...) si je sens qu'il y a une nécessité de me porter candidat, et si je sens que le peuple souhaite cette candidature, je n'hésiterai pas à le faire", a-t-il déclaré. "Mais si je sens que le peuple syrien ne le veut pas (...) je ne me porterai pas candidat".
Concernant le projet de la conférence de paix dite de Genève-2 que les Russes et les Américains cherchent à organiser en juin, il a dit que tout accord entre son régime et l'opposition serait soumis à un "référendum".
L'opposition et les Occidentaux "'disent qu'ils veulent un gouvernement de transition où le président n'a aucun rôle", a-t-il dit. Mais "les prérogatives du président sont fixées par la Constitution et le président ne peut pas abandonner ses prérogatives".
"(Un changement) de la Constitution a besoin d'un référendum populaire (...) s'ils veulent discuter de ces choses, elles seront présentées à la conférence (de Genève-2) et quand et si on parvient à un accord, on le soumet à un référendum", a précisé M. Assad.
S'agissant de la livraison par la Russie des missiles sol-air sophistiqués S-300, il a admis que son régime en avait reçu un premier lot. "Les accords passés avec la Russie ne sont pas liés à la crise (...) Tous les accords passés avec la Russie seront honorés et une partie l'a déjà été dernièrement (...) les Russes et nous continuerons d'honorer ces accords".
En soirée, la chaîne 10 de la télévision israélienne, citant des sources de sécurité israéliennes, a cependant affirmé que "contrairement aux affirmations d'Assad, Moscou n'a pas encore commencé à livrer ces missiles aux forces du président syrien". Israël n'a pas officiellement réagi à la déclaration de M. Assad.
Le chef de l'Etat a par ailleurs reconnu pour la première fois que le puissant mouvement chiite Hezbollah combattait aux côtés de ses troupes dans la ville de Qousseir (centre-ouest), proche de la frontière libanaise.
Il a toutefois précisé que le Hezbollah ne participait pas aux combats pour "défendre l'Etat syrien" mais pour se protéger lui-même, les rebelles étant selon lui "à la solde d'Israël", ennemi juré du parti chiite.
"Le Hezbollah est présent en Syrie car la bataille qui se joue est contre Israël et ses agents au Liban et en Syrie. "Qousseir n'est pas importante en tant que telle, ce qui est important, c'est la frontière (car) on cherche à étouffer la résistance (Hezbollah,ndlr)".
Le régime syrien est accusé de faire passer à travers cette frontière des armes au Hezbollah.

