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Culture - Photographie

Les échos de l’imaginaire de Noël Nasr

C’est à la galerie Eklekta*, nouvel espace d’art, que Noël Nasr présente une série de clichés baptisés « Convergence ». Des photos inspirées du travail de Afaf Zurayk, qui se multiplient au gré des regards. Jusqu’au 13 juin.

Sublimer l’image pour atteindre l’au-delà.

Au départ, il s’agit de bouts de bois charriés par la mer et récupérés par l’artiste pluridisciplinaire Afaf Zurayk. Au bout du compte, sous l’objectif de la caméra de Noël Nasr, ces morceaux de bois aux formes diverses vont narrer des histoires de flux et de reflux, de départs et de retours. Pour le jeune photographe (MA en photo à l’Université de Kent puis MFA à l’Université d’Ulster, Belfast, en 2011), combiner la pratique à l’enseignement a toujours été son mot d’ordre. Son travail s’articule sur les thèmes d’identité, de guerre et de mémoire. Actuellement enseignant à la NDU, il essaye d’insuffler sa passion pour la photo et sa vision particulière d’un médium riche en possibilités.

 Lâcher la bride
L’œil nu ne peut pas donner le stimulus tridimensionnel à l’imagination lui permettant de voguer ailleurs. Un appareil photo, un œil sensible et chargé d’émotions, une composition élaborée et certainement la personnalité du photographe aboutissent à cette lecture différente. De là est naît « Convergence ». D’une part, une rencontre entre deux artistes qui s’entendent et se comprennent, et, de l’autre, la jonction entre la lentille et l’objet qu’on veut mettre en évidence. Et enfin, cette convergence de routes qui parvient à créer une œuvre, passerelle entre la vie et l’art.
Si, pour Nietzsche, « il n’y a pas de faits, ni de vérités, uniquement des interprétations », l’œuvre photographique de Noël Nasr étaye parfaitement cette pensée. « L’interprétation d’une interprétation qui va aussitôt créer une multitude d’autres, lesquelles mèneront à un monde de fantaisie. Jung n’avait-il pas dit que la psyché crée la réalité de tous les jours et que tous les travaux de l’homme ont leur origine dans l’imagination créative ? »
Ainsi sous l’objectif de l’artiste, les bois recueillis par une amoureuse de ce matériau, assemblés et composés, ouvrent les portes de l’imaginaire. On peut ainsi à loisir se propulser dans les univers créés.
Images animalières, préhistoriques, paysages tertiaires ou lunaires sur fond blanc transparent ou noir, les strates de bois, auparavant immobiles, s’animent, racontent des histoires individuelles ou universelles, ordinaires ou non. Vibrant sous l’objectif, elles dessinent une cartographie des sentiments humains, d’amour, de déchirement, de dysharmonie et de dissonance, mais aussi de symbiose et d’union. Les clichés de Noël Nasr brisent toutes les limites, la fiction se mêlant à la réalité et l’imaginaire au réel, déroutant ainsi l’œil et éveillant des émotions nouvelles.
Généreuse et habituée à prêter son travail à d’autres artistes, c’est donc cette fois le médium de la photo, devenu à l’occasion un outil de plaisir et de fantaisie, qui donne une autre vie au travail de Afaf Zurayk.
Dans cet espace convivial lumineux où beauté et hospitalité s’avoisinent, « Convergence » habite les lieux et donne le coup d’envoi à de futures créations artistiques. À noter que l’ouvrage My Father’s Reflections, réalisé également par les deux artistes, est en vente à la galerie au cours de l’exposition.


* Galerie Eklekta. Corniche du Fleuve vers Jisr el-Wati. Ouvert tous les jours de 9h à 18h, sauf les jeudis (jusqu’à 20h), et les samedis jusqu’à 13h. Tél. : 01/426511.
Au départ, il s’agit de bouts de bois charriés par la mer et récupérés par l’artiste pluridisciplinaire Afaf Zurayk. Au bout du compte, sous l’objectif de la caméra de Noël Nasr, ces morceaux de bois aux formes diverses vont narrer des histoires de flux et de reflux, de départs et de retours. Pour le jeune photographe (MA en photo à l’Université de Kent puis MFA à l’Université d’Ulster, Belfast, en 2011), combiner la pratique à l’enseignement a toujours été son mot d’ordre. Son travail s’articule sur les thèmes d’identité, de guerre et de mémoire. Actuellement enseignant à la NDU, il essaye d’insuffler sa passion pour la photo et sa vision particulière d’un médium riche en possibilités.  Lâcher la bride L’œil nu ne peut pas donner le stimulus tridimensionnel à l’imagination lui...
commentaires (1)

Rien qu’à voir la photo avec la légende ""sublimer l’image pour atteindre l’au-delà"", on se rend compte que ce moyen d’expression ne connaît pas de limites, et que l’émotion est perceptible. Des natures mortes ?

Charles Fayad

15 h 30, le 30 mai 2013

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Commentaires (1)

  • Rien qu’à voir la photo avec la légende ""sublimer l’image pour atteindre l’au-delà"", on se rend compte que ce moyen d’expression ne connaît pas de limites, et que l’émotion est perceptible. Des natures mortes ?

    Charles Fayad

    15 h 30, le 30 mai 2013

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