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Lifestyle - Patrimoine

Une promenade dans le « jardin le plus romantique du monde »

Ninfa a été une source d’inspiration pour de nombreux écrivains, tels Virginia Woolf, Tennessee Williams ou encore Truman Capote.

À la fin du XIXe siècle, la famille Caetani reprend en main des terres abandonnées depuis des siècles, dont Ninfa. Laurent Kalfala/AFP

Plantes rares, ruines empreintes de mystère, murmures de cascades, pépiement des oiseaux, Ninfa, jardin à l’anglaise à 60 km au sud de Rome, est une invitation à une promenade idyllique dans l’espace et le temps. Le temps parce que la création du jardin décrit comme « le plus romantique du monde » remonte à la fin du XIXe siècle quand la famille Caetani reprend en main des terres abandonnées depuis des siècles dont Ninfa, ancienne ville relais située sur la voie Appienne et détruite en 1382. L’espace parce que la balade longe une rivière transparente au fond de laquelle ondulent des herbes aquatiques et frétillent des truites, puis côtoie les restes d’un pont romain avant de s’attarder dans une ancienne douane. Ninfa renferme tel un écrin les ruines de 150 maisons et 7 églises. « Il y a eu une horrible guerre civile ici, tout le monde était contre les Caetani car Ninfa était riche en eau. Plus de 2 000 personnes y vivaient. Il y avait des moulins, des oliviers, on travaillait le cuir, le fer », raconte avec un brin de nostalgie Lauro Marchetti, directeur de la Fondation Roffredo Caetani.
Les Caetani, sous l’influence d’Ada, une Britannique qui transmettra sa passion du jardinage à ses fils Gelasio et Roffredo, débroussaillent, bonifient les marécages et plantent les premiers cyprès, hêtres et autres grands arbres au milieu des ruines du vieux village. Mais c’est dans les années 20 que Ninfa devient vraiment un jardin où Marguerite Chapin, une Américaine de Nouvelle-Angleterre, épouse de Roffredo, plante des roses, des iris, des pivoines et un exotique bois de bambous. Ce jardin proche de Latina a été source d’inspiration pour de nombreux poètes et écrivains, membres des cercles littéraires que Marguerite avait créés entre les années 40 et 60 à Paris puis à Rome, parmi lesquels Virginia Woolf, Tennessee Williams, Truman Capote, Karen Blixen, Thomas Elliott, et les Italiens Alberto Moravia et Pier Paolo Pasolini. Sous la voûte arquée de l’ex-douane illuminée des reflets changeants de l’eau, Giorgio Bassani a écrit son fameux roman Le Jardin des Finzi-Contini. « Peu avant sa mort, il est revenu ici, très malade, et m’a dit dans un grand soupir : “Maintenant, je peux mourir” », explique Lauro Marchetti. Cette atmosphère d’érudition imprègne le visiteur émerveillé par la disposition savante mais naturelle des plantes et fleurs venues du monde entier (1 300 espèces différentes) : gunnère du Brésil (rhubarbe géante), parrotie de Perse (arbre de fer), cèdre de l’Atlas, bananier, rosier grimpant dont un de 21 mètres de long accroché à un cyprès, érable japonais, tulipier d’Amérique...
Pour préserver la splendeur de Ninfa, seules des visites guidées en groupe sont prévues, quelques jours par mois entre fin mars et novembre. « Il faut assurer la tranquillité des oiseaux et des papillons. Je me souviendrai toujours du 1er mai, 3 972 visiteurs, un record, sachant que chaque année, on arrive à 55 000 visiteurs », s’exclame Lauro Marchetti, en soulignant que cette affluence qui « suffit à payer cinq jardiniers et nos salaires » est le fruit uniquement du « bouche-à-oreille ». Pas question que « Ninfa devienne un lieu commercial, jonché de canettes, de sachets en plastique ou de cigarettes... ».
(Source : AFP)
Plantes rares, ruines empreintes de mystère, murmures de cascades, pépiement des oiseaux, Ninfa, jardin à l’anglaise à 60 km au sud de Rome, est une invitation à une promenade idyllique dans l’espace et le temps. Le temps parce que la création du jardin décrit comme « le plus romantique du monde » remonte à la fin du XIXe siècle quand la famille Caetani reprend en main des terres abandonnées depuis des siècles dont Ninfa, ancienne ville relais située sur la voie Appienne et détruite en 1382. L’espace parce que la balade longe une rivière transparente au fond de laquelle ondulent des herbes aquatiques et frétillent des truites, puis côtoie les restes d’un pont romain avant de s’attarder dans une ancienne douane. Ninfa renferme tel un écrin les ruines de 150 maisons et 7 églises. « Il y a eu une horrible...
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