À la fin du XIXe siècle, la famille Caetani reprend en main des terres abandonnées depuis des siècles, dont Ninfa. Laurent Kalfala/AFP
Les Caetani, sous l’influence d’Ada, une Britannique qui transmettra sa passion du jardinage à ses fils Gelasio et Roffredo, débroussaillent, bonifient les marécages et plantent les premiers cyprès, hêtres et autres grands arbres au milieu des ruines du vieux village. Mais c’est dans les années 20 que Ninfa devient vraiment un jardin où Marguerite Chapin, une Américaine de Nouvelle-Angleterre, épouse de Roffredo, plante des roses, des iris, des pivoines et un exotique bois de bambous. Ce jardin proche de Latina a été source d’inspiration pour de nombreux poètes et écrivains, membres des cercles littéraires que Marguerite avait créés entre les années 40 et 60 à Paris puis à Rome, parmi lesquels Virginia Woolf, Tennessee Williams, Truman Capote, Karen Blixen, Thomas Elliott, et les Italiens Alberto Moravia et Pier Paolo Pasolini. Sous la voûte arquée de l’ex-douane illuminée des reflets changeants de l’eau, Giorgio Bassani a écrit son fameux roman Le Jardin des Finzi-Contini. « Peu avant sa mort, il est revenu ici, très malade, et m’a dit dans un grand soupir : “Maintenant, je peux mourir” », explique Lauro Marchetti. Cette atmosphère d’érudition imprègne le visiteur émerveillé par la disposition savante mais naturelle des plantes et fleurs venues du monde entier (1 300 espèces différentes) : gunnère du Brésil (rhubarbe géante), parrotie de Perse (arbre de fer), cèdre de l’Atlas, bananier, rosier grimpant dont un de 21 mètres de long accroché à un cyprès, érable japonais, tulipier d’Amérique...
Pour préserver la splendeur de Ninfa, seules des visites guidées en groupe sont prévues, quelques jours par mois entre fin mars et novembre. « Il faut assurer la tranquillité des oiseaux et des papillons. Je me souviendrai toujours du 1er mai, 3 972 visiteurs, un record, sachant que chaque année, on arrive à 55 000 visiteurs », s’exclame Lauro Marchetti, en soulignant que cette affluence qui « suffit à payer cinq jardiniers et nos salaires » est le fruit uniquement du « bouche-à-oreille ». Pas question que « Ninfa devienne un lieu commercial, jonché de canettes, de sachets en plastique ou de cigarettes... ».
(Source : AFP)


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