Le président du jury, Steven Spielberg (D) posant avec les membres du jury du 66e festival de Cannes, l'actrice Nicole Kidman et le réalisateur Ang Lee. REUTERS/Jean-Paul Pelissier (
Dans un délire tourbillonnant en 3D, le Festival de Cannes s’est ouvert hier soir avec la projection hors compétition de Gatsby le Magnifique avec Leonardo DiCaprio qui, aux côtés de l’acteur indien Amitabh Bachchan, son partenaire dans le film de Baz Luhrmann, comme un nouvel hommage rendu par le festival au 100e anniversaire du cinéma indien, a déclaré ouverte la 66e édition. Gatsby le Magnifique est adapté du célèbre roman de Francis Scott Fitzgerald. L’écrivain utilisait le personnage de Gatsby, et sa richesse aussi mystérieuse que fabuleuse pour décrire l’Amérique des années 20 et son arrogante prospérité, où pointaient déjà les germes du déclin. La critique américaine a parfois eu la dent très dure à l’égard du film, sorti quelques jours avant Cannes. L’Australien Luhrmann a balayé hier les critiques devant la presse, rappelant que « quand Fitzgerald a écrit ce livre, on l’a traité de clown ». Gatsby a d’ores et déjà réalisé un carton au box-office dès le premier week-end de sortie avec plus de 50 millions de dollars de recettes.
Le jury au grand complet présidé par Steven Spielberg s’est lui aussi prêté à l’exercice de la conférence de presse, comme le veut la tradition, avant de se taire jusqu’à la cérémonie de clôture le 26 mai et l’annonce du palmarès. Les réalisateurs taïwanais Ang Lee et roumain Cristian Mungiu ont expliqué qu’ils rechercheraient avant tout « l’honnêteté » chez un réalisateur. Spielberg s’est lui réjoui d’être au centre de « deux semaines de célébration du cinéma et non pas deux semaines de compétition ». Nicole Kidman, élégante dans une robe noire décolletée, a affirmé être heureuse pour une fois « de pouvoir enfin rester pendant tout le festival », chose impossible pour un acteur ou réalisateur présentant un film. C’est à la comédienne française Audrey Tautou, connue dans le monde entier depuis « Amélie Poulain », que reviendra l’honneur d’animer les cérémonies d’ouverture et de clôture le 26 mai.

Audrey Tautou, maîtresse de cérémonie du 66e festival de Cannes. AFP/ALBERTO PIZZOLI
La première montée des marches avait débuté en fin d’après-midi sous une pluie parfois battante, n’entamant pas le moral d’acier des danseurs venus enflammer le tapis rouge au son de musique des années 20, pour accueillir l’équipe de « Gatsby le magnifique ». Comme à l’accoutumée, les stars étaient accueillies en haut des marches par le délégué général du festival Thierry Frémaux et le président du festival Gilles Jacob qui ont encore salué des personnalités comme Julianne Moore, Cindy Crawford, Ludivine Sagnier ou Ines de la Fressange. La Croisette a également commencé à faire la fête avec un dîner officiel juste après la projection pour les invités de prestige de « Gatsby » suivi d’un feu d’artifice vers minuit organisé par le distributeur américain du film.

Carey Mulligan et Leonardo DiCaprio, personnages principaux de "The Great Gatsby", projeté à l'ouverture du festival de Cannes. AFP PHOTO / VALERY HACHE
Les choses sérieuses débuteront aujourd’hui avec l’entrée en lice des deux premiers films en compétition : « Jeune et jolie » du Français François Ozon, qui s’annonce un brin sulfureux et « Heli » du Mexicain Amat Escalante. Vingt films au total sont en lice, plus axés sur des histoires intimes que de grands sujets politiques, comme d’autres années. Déjà couronnés à Cannes, les Américains Steven Soderbergh et les frères Coen ainsi que le Franco-Polonais Roman Polanski viendront se frotter à d’autres talents confirmés et prometteurs retenus par le délégué général Thierry Frémaux : le Danois Nicolas Winding Refn (« Only God forgives » avec Ryan Gosling), l’Américain James Gray (« The immigrant » avec Marion Cotillard), l’Iranien Asghar Farhadi (« Le Passé » avec Bérénice Béjo et Tahar Rahim) ou encore le Franco-Tunisien Abdellatif Kechiche (« La vie d’Adèle » avec Léa Seydoux).
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