Il sera question de l’avenir des législatives 2013 et sans doute que la séance plénière du Parlement prévue mercredi prochain aidera à y voir plus clair. Notamment en ce qui concerne cette loi électorale plus fantomatique que jamais, perdue dans les dédales et les impasses politiciennes. Parce qu’il est quasi clair que l’on se dirige droit vers une prorogation technique de la Chambre pour six mois sur la base d’un « Nous nous sommes entendus de ne pas nous mettre d’accord », formule particulièrement stérile.
Place de l’Étoile mercredi, l’on ne sait toujours pas si Nabih Berry sera revenu sur sa décision de soumettre le projet de loi dit orthodoxe au vote, ou s’il aura laissé au bureau de la Chambre, censé se réunir lundi prochain, le soin de définir l’ordre du jour. Surtout que plusieurs personnalités de premier plan ont poussé les hauts cris contre l’unilatéralisme patent du président de la Chambre dans le choix de cet agenda.
En attendant, les rumeurs bruissent, et il semblerait de plus en plus que l’annonce du gouvernement sera réellement faite avant le 15 mai. Des sources autorisées citées par l’agence al-Markaziya répètent que ce sera soit un cabinet neutre formé de ministres proches des différentes factions politiques, soit un cabinet d’intérêt national, qui inclurait les différents pôles en fonction de critères bien précis définis par le Premier ministre désigné. Ces sources assurent en outre que Tammam Salam est sur le point de trancher, malgré les conditions rédhibitoires du 8 Mars, qui continue de réclamer le tiers de blocage – ce que M. Salam refuse catégoriquement. Il serait d’ailleurs totalement prêt à prendre la tête d’un gouvernement dont une faction bien précise se serait exclue d’elle-même.
Tammam Salam a d’ailleurs prévenu dimanche dernier Ali Hassan Khalil et Hussein Khalil, les bras droits de Nabih Berry et de Hassan Nasrallah : « Je suis moi-même la garantie pour toute partie qui se sentirait lésée », leur a-t-il dit pour leur expliquer son refus de la minorité de blocage. De plus, il est convaincu qu’il ne s’agit plus là, dans ce cas bien précis de gouvernement de transition, de respecter le poids parlementaire de chaque faction. « On peut satisfaire un bloc avec un seul portefeuille qui serait le bon, à la hauteur de ses attentes, bien plus qu’avec toute une série d’autres dont il n’aurait que faire », argumente-t-il également, surtout pour justifier son attachement à une équipe de 24 ministres. Plus encore : il se pourrait vraisemblablement qu’il n’y ait en fait que 14 ministres, tous proches du 14 et du 8 Mars.
Il n’en reste pas moins que dans les milieux du 8 Mars, on continue de jouer les oiseaux de mauvais augure, de répéter que tout va mal, que tout restera bloqué jusqu’à la séance parlementaire et qu’il est hors de question pour ce camp-là d’accepter un gouvernement du fait accompli. Cette détermination à ne pas faciliter les choses au PM désigné, les milieux proches du 14 Mars ne cessent de la confirmer, dénonçant les actions démagogiques des ministres sortants, qui « lancent tous les projets qu’ils n’ont pas pu réaliser pendant leur mandat à des fins électorales ».
En attendant la séance parlementaire de mercredi prochain, les différents acteurs locaux méditeront sans doute cette phrase prononcée hier par le patron du Hezbollah. « Si le Premier ministre désigné considère que la seule fonction du prochain gouvernement est de gérer les législatives, la taille du gouvernement n’est pas importante. Mais ce gouvernement ne sera pas uniquement chargé des élections, il sera également chargé de la situation sécuritaire et économique du pays. Tous les partis devraient être représentés et les portefeuilles ministériels octroyés en fonction de la répartition des sièges parlementaires », a dit Hassan Nasrallah (lire par ailleurs).


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