Vendredi, les forces du régime menaient une vague d'arrestations et de perquisitions dans les quartiers sud de la ville portuaire, habités par des sunnites, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). "Des tirs nourris ont été entendus et l'on craint un nouveau massacre à caractère confessionnel", ajoute l'ONG.
"Selon des sources concordantes dans le village, au moins 50 personnes ont péri dans des exécutions sommaires et des bombardements dans le village de Bayda", bourg sunnite à la périphérie sud de la ville portuaire de Banias, a indiqué à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.
"Certains ont été sommairement abattus, tués par balle, poignardés ou brûlés", selon l'ONG qui s'appuie sur un large réseau de militants et de sources militaires et médicales à travers la Syrie, affirmant que l'armée était appuyée par des chabbihas (milices pro-régime) alaouites.
La Coalition de l'opposition syrienne a dénoncé dans un communiqué un "massacre à grande échelle" commis par les troupes du régime, citant des témoins selon lesquels des couteaux ont été utilisés pour tuer des civils.
"La Coalition appelle la Ligue arabe et les Nations Unies à agir rapidement pour sauver les civils de Bayda, de Banias et des autres villages à travers la Syrie", affirme l'opposition, accusant le régime de "crimes de guerre et de génocide".
"Des dizaines de civils de Bayda sont portés disparus, on ne sait pas s'ils ont été arrêtés, tués ou s'ils avaient réussi à partir", précise par ailleurs M. Abdel Rahmane.
"Beaucoup de villageois ont fui vers les quartiers sunnites du sud de Banias car ils ne peuvent pas se réfugier dans les régions alaouites", explique-t-il.
Des violents combats ont éclaté jeudi entre soldats et rebelles aux abords de Banias, au coeur du pays alaouite, pour la première fois depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire devenue guerre civile.
La région de Banias est majoritairement alaouite, comme le clan du président Bachar al-Assad, avec une population sunnite dans les villages de sa périphérie sud. Les rebelles qui combattent les forces du régime sont majoritairement sunnites.
"Le régime n'autorisera pas la présence de rebelles dans cette région", qui fait partie du "pays alaouite" sur la côte syrienne, a précisé M. Abdel Rahmane.
Les trois principales villes de la côte, Banias, Lattaquié et Tartous, et leurs régions, représentent le "pays alaouite" d'où est issu M. Assad et des analystes avancent le scénario d'un repli du président syrien vers ce réduit en cas de la chute de son régime.
L'agence officielle Sana, citant un haut responsable, avait rapporté jeudi que l'armée avait tué des "terroristes" à Bayda et dans d'autres régions habitées par des sunnites. Le régime et ses médias utilisent le terme de "terroristes" pour désigner les rebelles.

