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Israël : Lieberman chargé par son ex-numéro deux lors de son procès

L'ancien vice-ministre israélien des Affaires étrangères Danny Ayalon a témoigné jeudi contre l'ex-chef de la diplomatie Avigdor Lieberman, jugé pour fraude et abus de confiance, personnage controversé dont l'avenir politique dépend du verdict.

Considéré comme le principal témoin à charge, M. Ayalon a accusé devant le tribunal de Jérusalem M. Lieberman de lui avoir demandé en 2009 de soutenir la nomination d'un ambassadeur qui aurait rendu service à ce dernier en l'informant des détails d'une enquête de la police israélienne diligentée contre lui.

Selon M. Ayalon, M. Lieberman, alors ministre des Affaires étrangères, l'a pressé de nommer ce diplomate, Zeev Ben Arieh, qui était en poste au Bélarus, ambassadeur en Lettonie. Le procureur et la police considèrent que M. Lieberman a ainsi voulu récompenser M. Ben Arieh.

A l'ouverture du procès, le 17 février, M. Lieberman, chef du parti ultranationaliste Israël Beiteinou et allié du Premier ministre Benjamin Netanyahu, avait plaidé non coupable.

M. Ayalon a réaffirmé jeudi au tribunal, comme il l'a déjà fait publiquement et devant les enquêteurs, qu'Avigdor Lieberman "au cours d'une rencontre imprévue" lui avait demandé de nommer, en sa qualité de président de la commission des nominations au ministère, l'ambassadeur Ben Arieh "le meilleur candidat pour le poste en Lettonie", a précisé la radio publique.

La défense présentera ses arguments à la fin du mois avec notamment le témoignage de M. Lieberman lui-même.

Lors d'interviews, M. Lieberman a reconnu que Zeev Ben Arieh lui avait effectivement transmis des documents confidentiels. "Mais après en avoir pris connaissance, je les immédiatement jetés dans les toilettes et j'ai tiré la chasse d'eau", a affirmé M. Lieberman en assurant avoir réprimandé Zeev Ben Arieh.

Le témoignage compromettant de M. Ayalon a été mis en cause par la défense qui affirme que l'ancien vice-ministre a des raisons d'en vouloir personnellement à M. Lieberman, qui l'a exclu de la liste d'Israël Beiteinou aux dernières élections législatives alors qu'il était numéro deux de ce parti.

Interrogé sur ce point par les juges, M. Ayalon a assuré qu'il ne cherchait pas à se venger de son ancien patron.

M. Lieberman, 54 ans, a démissionné le 14 décembre 2012, au lendemain de son inculpation, avec l'espoir d'être blanchi afin de revenir au gouvernement, au même poste.

Depuis, Benjamin Netanyahu assume le portefeuille des Affaires étrangères dans l'attente d'un éventuel retour d'Avigdor Lieberman, qui entre-temps préside la puissante commission de la Défense et des Affaires étrangères du Parlement.

Mais si les trois juges condamnent ce dernier à une peine supérieure à trois mois de prison ou de travaux publics, il ne pourra plus être député pendant une période de sept ans, ce qui compromettra la poursuite de sa carrière politique.

Les délits de fraude et d'abus de confiance sont passibles de trois ans de prison ferme en Israël.

Né dans la république soviétique de Moldavie, Avigdor Lieberman a émigré en 1978 en Israël, où il a rejoint le Likoud (droite nationaliste), dont il a gravi les échelons avant de créer en 1999 Israël Beiteinou ("Israël notre maison").

Dans les années 2000, il s'est illustré par des déclarations à l'emporte-pièces, prônant par exemple un bombardement du barrage d'Assouan pour inonder l'Egypte, premier pays arabe à avoir signé la paix avec Israël, en cas de soutien à l'Intifada palestinienne.
L'ancien vice-ministre israélien des Affaires étrangères Danny Ayalon a témoigné jeudi contre l'ex-chef de la diplomatie Avigdor Lieberman, jugé pour fraude et abus de confiance, personnage controversé dont l'avenir politique dépend du verdict.Considéré comme le principal témoin à charge, M. Ayalon a accusé devant le tribunal de Jérusalem M. Lieberman de lui avoir demandé en 2009 de soutenir la nomination d'un ambassadeur qui aurait rendu service à ce dernier en l'informant des détails d'une enquête de la police israélienne diligentée contre lui.Selon M. Ayalon, M. Lieberman, alors ministre des Affaires étrangères, l'a pressé de nommer ce diplomate, Zeev Ben Arieh, qui était en poste au Bélarus, ambassadeur en Lettonie. Le procureur et la police considèrent que M. Lieberman a ainsi voulu récompenser M. Ben...