Tout s’annonçait sous les meilleurs auspices l’été dernier quand le pivot Dwight Howard et le meneur de jeu Steve Nash, deux joueurs au calibre All Star et au CV garni de récompenses individuelles, ont rejoint la franchise de LA pour s’associer à Kobe Bryant et Pau Gasol et faire enfler la masse salariale à plus de 100 millions de dollars l’année.
Mais strictement rien ne s’est passé comme prévu : la sauce n’a pas pris car les blessures ont empêché les joueurs de se roder et les Lakers ont affiché un bilan négatif pendant longtemps avant d’arracher in extremis le dernier billet disponible pour les play-offs. Ce sprint a été fatal à Kobe Bryant, qui s’est rompu le tendon d’Achille gauche après avoir empilé les minutes de jeu. Le limogeage de l’entraîneur Mike Brown au bout de cinq matches a donné le ton de la saison. Il a été remplacé par un apôtre de l’attaque, Mike d’Antoni, qui a été préféré à Phil Jackson au grand regret des supporteurs.
Un entraîneur décrié
Car le « Zen Master », retraité depuis 2011, reste une figure adorée à Los Angeles, auréolé par les cinq titres NBA gagnés aux commandes des Lakers. Le public du Staples Center l’a d’ailleurs rappelé aux dirigeants en scandant « We Want Phil » à plusieurs reprises lors des deux derniers matches. La greffe avec la philosophie prônée par Mike d’Antoni n’a jamais pris avec un effectif pas assez jeune ni mobile pour le jeu rapide prôné par l’entraîneur, qui n’a pas su trouver un système pour mieux utiliser Howard et Gasol à l’intérieur, allant même jusqu’à pousser l’Espagnol sur le banc pour un temps.
« C’est dur pour moi d’être un leader quand je suis la 3e, 4e ou même 5e option de l’équipe, a constaté Gasol, dont l’avenir à Los Angeles s’inscrit en pointillés à cause de rumeurs de transferts, incessantes depuis deux ans. J’ai plus assumé ce rôle en fin de saison quand j’ai eu plus souvent le ballon. » « J’aimerais faire partie d’une équipe des Lakers qui vise le titre (l’an prochain) mais ce n’est pas de mon ressort », a ajouté Gasol.
Cauchemar face aux Spurs
Face aux Spurs, les Lakers ont perdu de 19 points d’écart en moyenne, encaissant vendredi la plus lourde défaite de leur histoire à domicile en play-offs (120-89), et n’ont jamais eu l’allure d’une équipe de play-offs. Le fiasco a été total lorsque Dwight Howard a été expulsé dimanche, pour ce qui était peut-être son dernier match à « LA », moins d’un an après son arrivée. Il est en fin de contrat et, si les dirigeants veulent le voir rempiler, les critiques qu’il a encaissées et les difficultés qu’il a rencontrées toute la saison pourraient lui donner envie de changer d’air.
« Cette saison était un cauchemar, un mauvais rêve dont tu ne te réveilles jamais. Dès le départ, rien n’a marché, a expliqué Howard, le visage fermé, sans son traditionnel franc sourire. Je suis revenu très tôt d’une opération majeure (au dos). J’ai joué en ayant mal toute la saison. » « Je veux prendre du recul avant de parler de la saison prochaine, a-t-il ajouté. Tout le monde est un peu énervé que la saison se termine déjà. Il faut d’abord panser nos plaies. »
Tout ce bazar n’a pas empêché les dirigeants de confirmer D’Antoni pour la saison prochaine, lui qui n’a gagné qu’un seul des quinze derniers matches de play-offs dans lesquels il a coaché (avec Phoenix, New York, Los Angeles). « On va travailler dur pour se remettre dans le droit chemin, a promis D’Antoni. Je comprends la déception des fans. Mais qu’il sachent que dans l’histoire des Lakers, la franchise a toujours réussi à rebondir. »

