Le ministre espagnol passant en revue un détachement du contingent espagnol de la Finul. Photo Georges Achy
M. García-Margallo s’est d’abord rendu à Baabda où il a rencontré le chef de l’État, Michel Sleiman.
Les discussions ont porté sur le dossier des réfugiés syriens et les contacts entrepris par Beyrouth en vue de la tenue d’un congrès international consacré à ce dossier. Il a également été question lors de l’entretien de l’importance du soutien des États amis sur ce plan étant donné l’incapacité du Liban à faire face seul à cette responsabilité, surtout si l’afflux des réfugiés persiste. Le ministre espagnol a fait part de sa compréhension à l’égard de la position libanaise sur cette question précise.
M. García-Margallo s’est ensuite rendu auprès du président de l’Assemblée, Nabih Berry, avec lequel il a évoqué les relations bilatérales. Il s’est également entretenu avec le Premier ministre désigné, Tammam Salam, qui l’a reçu à son domicile à Mousseitbé. Était présent à cette rencontre l’ambassadeur d’Espagne, Milagros Hernando Echevarria, qui n’a toutefois pas assisté à la rencontre du ministre espagnol avec son homologue libanais, Adnane Mansour, et ce à la demande de M. García-Margallo, qui a tenu à ce que la rencontre ait lieu en tête à tête.
À l’issue de l’entretien, les deux ministres ont tenu une conférence de presse au cours de laquelle García-Margallo, qui a refusé que ses propos soient traduits en arabe, s’est exprimé en espagnol avant de répondre à une question en français, affirmant que l’Espagne est très « active » sur le dossier syrien. Il a réitéré la position de son gouvernement selon laquelle « la solution militaire ne mène nulle part ».
« Le régime de Bachar el-Assad continue d’être soutenu par une partie du peuple syrien, quelle que soit son importance, a-t-il affirmé. Il bénéficie en outre d’une armée forte et efficace, d’un soutien politique de la Russie. Ce qui nous inquiète aujourd’hui, au ministre Mansour et à moi-même, c’est la division de l’opposition syrienne et l’infiltration des forces salafistes dans le pays. »
Et le ministre espagnol de poursuivre : « Du point de vue de l’Espagne, la solution ne peut venir que par le biais des négociations entre le régime et l’opposition, de sorte qu’une nouvelle Syrie puisse émerger d’un gouvernement transitoire pavant la voie à la naissance d’un pays qui rassemble toutes les communautés, les appartenances et les allégeances politiques. »
En réponse à une autre question, le ministre a indiqué que la possibilité d’armer l’opposition syrienne n’a pas encore été tranchée au sein de l’Union européenne, soulignant que certains États membres sont contre cette idée, d’autant que l’opposition est divisée.
Le ministre s’est ensuite rendu au Liban-Sud pour inspecter le contingent espagnol. Lors d’une rencontre avec les correspondants de presse, au siège du contingent espagnol à Sahl Ebel Saki, le ministre a affirmé que la région du Proche-Orient « est en pleine ébullition et la situation y est très compliquée ». « La communauté internationale doit tenter de régler ce problème », a-t-il dit.
« Nous sommes concernés par la situation au Liban et sommes conscients des problèmes auxquels fait face ce pays en accueillant les réfugiés syriens. Nous essayerons d’aider dans la mesure du possible », a-t-il promis. M. García-Margallo a par ailleurs formellement démenti l’information portant sur un retrait des forces espagnoles de la Finul à la fin de l’année.


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