Le départ du marathon de Londres a été empreint de solennité, quand les participants, arborant pour la plupart un ruban noir accroché à leur maillot, ont observé 30 secondes de silence en hommage aux victimes de l’attentat du marathon de Boston. Eddie Keogh/Reuters
Droits Miranda
Pour tirer le maximum d’informations, notamment celle de savoir si les frères Tsarnaev ont agi seuls ou ont bénéficié d’un réseau de soutien, les enquêteurs vont soulever « l’exception de sécurité publique » pour l’interroger. Cette mesure signifie que Djokhar Tsarnaev ne bénéficiera pas pendant quelques jours des droits dits Miranda, qui prévoient qu’il peut garder le silence, et est informé qu’il peut être assisté d’un avocat pendant les interrogatoires. Dans ce cadre, des policiers antiterroristes entraînés à l’interrogatoire de détenus classés comme étant « de grande valeur » attendent de pouvoir l’entendre, a confié un responsable des forces de l’ordre. Plusieurs sénateurs républicains n’ont pas hésité à réclamer que Djokhar Tsarnaev, malgré sa naturalisation américaine en 2012, soit désigné comme un « ennemi combattant ». Ce statut prévoit qu’une personne puisse être détenue indéfiniment sans procès ou qu’elle soit jugée par un tribunal militaire. L’un des sénateurs, Lindsay Graham, a nuancé hier sur CNN cette demande en expliquant que ce statut viserait uniquement à obtenir des renseignements utiles à la lutte antiterroriste mais qui « ne pourront être retenus à son encontre lors de son procès » devant une cour fédérale.
Tant que Djokhar Tsarnaev n’est pas en état de parler, l’enquête se concentre sur le parcours de son frère Tamerlan, 26 ans, tué jeudi soir lors d’une course-poursuite avec la police. Les enquêteurs s’intéressent notamment aux six mois qu’il a passés l’an dernier au Daguestan et en Tchétchénie. « Il n’a fait que rendre visite à des membres de la famille », affirme toutefois son père Anzor. Les autorités russes avaient demandé en 2012 au FBI de faire des vérifications sur Tamerlan, fondées « sur une information selon laquelle il était un partisan de l’islam radical et un fervent croyant et qu’il avait drastiquement changé en 2010 », a précisé la police fédérale, qui, faute de trouver des détails compromettants, avait relâché sa vigilance.
Le FBI s’est du coup retrouvé hier sous le feu des critiques pour ne pas avoir continué à surveiller Tamerlan Tsarnaev à son retour à Boston en juillet 2012. « Il y a beaucoup de questions qui méritent des réponses », a tonné le sénateur démocrate Charles Schumer. « Pourquoi n’a-t-il pas été interrogé à son retour ? Et que s’est-il passé en Tchétchénie qui puisse l’avoir radicalisé ? » s’est-il demandé. Pour Lindsay Graham, « le FBI est passé à côté » d’éléments qui auraient pu alerter sur sa radicalisation. « Il allait sur des sites Internet qui parlent de tuer des Américains, (...) il émettait clairement des idées radicales, il est allé dans des zones de radicalisme » islamiste, a-t-il énuméré. Les autorités russes ont néanmoins indiqué hier n’avoir trouvé aucun lien entre les frères Tsarnaev et la rébellion du Caucase. Le commandement de la rébellion au Daguestan a de son côté déclaré dans un communiqué que les rebelles caucasiens « ne mènent pas d’opérations militaires contre les États-Unis d’Amérique ».
(Source : AFP)


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