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Sport - Dossier

Grands équipements : la France pas la plus mal lotie

En matière de (sous)-équipements sportifs, c’est sans conteste l’Italie qui détient en Europe la palme du modèle le plus obsolète, tandis que l’Allemagne, dynamisée par la formidable réussite des stades de son Mondial 2006 de foot, semble l’exemple à suivre.

Allemagne : le bon élève joue la mixité
Le Mondial 2006 a été salutaire pour l’Allemagne, qui a construit ou rénové 12 stades. Les investisseurs se sont adaptés à chaque situation. Sans surprise, les puissants possèdent leur stade, comme le Bayern, qui rembourse un crédit mais tire une jolie prime de son contrat de « naming » (90 millions d’euros sur 20 ans déboursés par Allianz) dans le pays où cette méthode de financement est la plus répandue. En ex-Allemagne de l’Est, le financement et l’exploitation des enceintes reposent majoritairement sur un partenariat public-privé, comme à Leipzig ou Berlin. Depuis la chute du Mur, les équipements sportifs, stades mais également « arenas », ont poussé comme des champignons, eu égard au retard qualitatif accumulé par l’ex-RDA.
En termes de facilité de construction/rénovation, les chantiers du Mondial 2006, à l’image des autres équipements, n’ont pas subi d’obstacles notoires ni de recours administratifs réellement perturbants. Le sport est une priorité nationale en Allemagne, qui détient le record européen du nombre de salles de sports de plus de 10 000 places (18).

Angleterre : le royaume des clubs propriétaires
Si l’essentiel des grands équipements sportifs est privé en Angleterre, propriété des clubs pour les stades de foot, d’exploitants privés pour les grandes salles modulables, leur construction n’est pas pour autant facilitée par le carnet de chèques. Entre les autorisations administratives et les recours, la mise en service est parfois reportée de plusieurs années. Arsenal, par exemple, a longtemps tâtonné avant de trouver le site de l’Emirates Stadium. Pour s’y installer, le club a financé l’agrandissement de trois stations de métro (pour rappel, ce sont les collectivités territoriales qui payent les accès au futur stade de l’OL, le premier en France entièrement privé).

L’argent ne fait pas tout
À Manchester, United ne peut agrandir Old Trafford, en raison d’une ligne de chemin de fer trop proche. Liverpool cherche depuis dix ans à rénover Anfield Road et se heurte à des problèmes de voisinage. Et Chelsea a perdu l’appel d’offres sur le terrain destiné à accueillir sa nouvelle enceinte. Au pays des clubs propriétaires, il reste aussi quelques locataires, comme Manchester City ou West Ham, en lice pour occuper le stade olympique de Londres.

Espagne : les chantiers plombés par la crise
L’Espagne ne pâtit pas tant des embûches administratives que des dettes colossales accumulées par l’État et les clubs. Malgré tout, Madrid a réussi le tour de force de construire ou rénover 80 % des sites promis dans son dossier olympique, présenté une troisième fois pour 2020.
Outre ceux des grands clubs, les stades sont propriété des collectivités locales qui, endettées, n’y effectuent plus aucune amélioration. Les projets en cours sont donc portés par les clubs puissants qui utilisent leur stade, privé, comme produit dérivé. Un million de personnes visitent chaque année à Madrid Santiago Bernabeu qui doit bientôt s’adjoindre une galerie commerciale. À Barcelone, on rêve d’un nouveau Camp Nou, remodelé ou délocalisé. Les socios, les propriétaires du Barça, doivent trancher par référendum en 2013 ou 2014. Mais rien ne se fera avant 2020 en raison des dettes (330 M EUR) du club.
Paralysée par la crise, l’Espagne n’a pour autant pas un besoin si criant d’installations. Avec 12 salles de sports collectifs de plus de 10 000 places, elle est deuxième en Europe après l’Allemagne.

Italie : le cancre de l’Europe
Au pays des quadruples champions du monde de foot, la question des stades est un véritable casse-tête. Vétustes, peu sécurisés, inhospitaliers, ils appartiennent tous aux collectivités, qui perçoivent une redevance, à l’exception de celui de la Juventus qui a inauguré son enceinte privée il y a 18 mois... mais ne trouve toujours pas de contrat de « naming ». Tentées, la Sampdoria Gênes et l’Udinese ont présenté des projets de stades, l’AS Rome pense aussi en bâtir un, mais l’échéance est lointaine. Les présidents de club réclament un assouplissement des lois sur le bâtiment et une simplification des autorisations nécessaires, et ce pour raccourcir les délais.
En matière de (sous)-équipements sportifs, c’est sans conteste l’Italie qui détient en Europe la palme du modèle le plus obsolète, tandis que l’Allemagne, dynamisée par la formidable réussite des stades de son Mondial 2006 de foot, semble l’exemple à suivre.Allemagne : le bon élève joue la mixitéLe Mondial 2006 a été salutaire pour l’Allemagne, qui a construit ou rénové 12 stades. Les investisseurs se sont adaptés à chaque situation. Sans surprise, les puissants possèdent leur stade, comme le Bayern, qui rembourse un crédit mais tire une jolie prime de son contrat de « naming » (90 millions d’euros sur 20 ans déboursés par Allianz) dans le pays où cette méthode de financement est la plus répandue. En ex-Allemagne de l’Est, le financement et l’exploitation des enceintes reposent majoritairement...
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