Fernando Alonso, 3e sur la grille de départ, remporte en Chine son premier GP de la saison avec plus de 40 secondes sur son coéquipier Massa, qui, rappelons-le, bénéficie de la même monoplace que l’Espagnol.
Après le Grand Prix de ce week-end, il y a déjà le feu pour certains pilotes. Le résultat final a montré quelque chose d’assez intéressant et significatif. Dans une bonne partie des écuries, un pilote a largement surclassé son équipier. Fait assez exceptionnel, dans la majorité des cas, il y a eu même écart symbolique et lourd, de 30 à 40 secondes à l’arrivée.
Alors que nous en sommes seulement au troisième Grand Prix de la saison, certains d’entre eux doivent très, très vite réagir.
Ferrari – Écart de 40” « entre Alonso et Massa »
Ce fossé fait d’autant plus mal pour Massa que son équipier a gagné la course, preuve que la F138 était en grande forme. Le coup est rude pour le Brésilien qui était globalement dans le coup en ce début de saison et qui annonçait même être en mesure de jouer la gagne. Après avoir été battu quatre fois en qualification, Alonso lui a rappelé qui était le patron. Point positif cependant pour l’avenir, le mal du numéro deux de la Scuderia est identifié : en Malaisie comme en Chine, il a souffert de graining en course, ce qui explique ses difficultés. Lorsque les pneus se sont nettoyés, son rythme était très intéressant et proche de l’Espagnol. S’il parvient à corriger ce problème via les réglages, il pourrait profiter du bon niveau de la Ferrari et repostuler aux podiums.
Lotus – 43’’ d’écart entre Räikkönen et Grosjean
Pendant qu’Iceman continue de briller et de maximiser, le Français lutte avec sa monoplace et n’arrive pas à se battre à l’avant du peloton. Problème, l’addition est déjà très salée au championnat (49 points à 11). Plus inquiétant, ni Grosjean ni ses ingénieurs n’arrivent à identifier ses maux avec la dernière née d’Enstone, qui ne lui convient pas pour le moment. À ce rythme-là, il risque de définitivement devenir le numéro deux chez Lotus. Dans les faits, il l’est déjà plus que ne veut le faire croire son team. Räikkönen a constamment la primauté des évolutions si l’équipe ne peut les apporter pour les deux voitures. Et du côté du développement, les ingénieurs se plient plus aux désirs très précis du Finlandais, plutôt qu’à ceux de Grosjean...
McLaren – 28’’ d’écart entre Button et Perez
Du côté de Woking, Jenson Button est seul pour sauver ce qui peut encore l’être. Cinquième en Chine et cinquième en Malaisie avant son abandon, il semble que ce soit le maximum que McLaren puisse faire en l’état actuel des choses. Dans ce marasme, Pérez est aux abonnés absents, avec seulement deux petits points au compteur, alors qu’il a terminé tous les grands prix. En course, les écarts avec son équipier sont colossaux. Pourtant Button n’est pas non plus reconnu comme étant un pilote cinq étoiles. C’est du jamais-vu chez les Gris.
Mercedes – Hamilton engrange, Rosberg malchanceux
Nico Rosberg doit sérieusement gamberger. Après avoir lutté durant trois saisons avec une monoplace poussive ou inconstante, il est pour l’instant éclipsé par le nouvel arrivant Lewis Hamilton, au moment où la Mercedes est efficace. En plus de concentrer les soucis de fiabilité sur sa voiture (Australie, Chine), sans grande surprise, il est un poil en dessous du Britannique en qualification. Et en course, s’il aurait mérité de finir troisième en Malaisie, il était loin du compte à Shanghai sur le premier relais, cramant ses pneus en trois tours et oscillant autour de la dixième place, là où Hamilton était dans le top 3. L’écart est déjà important au championnat (40 à 12). Dans un premier temps, Niki Lauda a affirmé qu’il n’y aurait plus de consignes d’équipe, mais Toto Wolff l’a gentiment recadré, estimant qu’il y en aurait si nécessaire. Rosberg doit rapidement stopper l’hémorragie afin de ne pas vivre dans l’ombre d’Hamilton.

