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Culture - Théâtre

Au Monnot, un explosif dîner de « Belles-Sœurs » !

Nadine Mokdessi célèbre, cette année, ses vingt ans de mise en scène au profit de la bonne cause avec « Les Belles-Sœurs », une hilarante comédie au vitriol d’Éric Assous, qu’elle présente sur les planches du Monnot, jusqu’au 28 avril*.

En attendant Talia, les frangins subissent les questions soupçonneuses de leurs impitoyables moitiés... Photo Marwan Assaf

Pendaison de crémaillère dans une maison de campagne.
Francky (Joe Abi-Aad), patron d’entreprise, et sa femme Nicole (Joëlle Yacoub), nunuche comme on n’en fait plus, viennent d’y emménager. Ils ont invité à dîner les deux frères de Francky et leurs épouses. Le premier, Yvan (Alain Hochar), avocat, est marié à Mathilde (Elsa el-Hage), prof de français, intello chipoteuse à tendance acariâtre. Le second, David (Salim Rached), dentiste, est l’époux de Christelle (Ghada Abdelsater), patronne d’une agence immobilière, bourgeoise snob, obnubilée par le fric et les marques.
En somme, trois pièces rapportées qui n’ont rien en commun, aucune affinité. Ce qui déjà ne présage pas d’une réunion de famille follement amicale. Mais quand Nicole révèle qu’elle a aussi invité Talia (Léa Abi-Nader), la jeune et belle secrétaire de Francky, les frangins invités se crispent. Et montrent des signes de trouble, qui vont aussitôt mettre la puce à l’oreille de leurs impitoyables moitiés. Et déclencher chez elles un feu nourri de questions soupçonneuses. Lorsque Talia débarque en pleine soirée, le doute n’est plus permis: cette bombe sexuelle semble bien connaître leurs hommes ! L’un l’a, paraît-il, défendue dans une affaire de harcèlement et l’autre l’a soignée. À partir de là, le dîner va rapidement virer au carnage...
On ne vous en dira pas plus sur la trame de la pièce, sinon qu’elle dépeint d’un trait aussi drôle qu’incisif les rapports de couples, mais surtout l’hypocrisie des relations familiales. Dans cette comédie caustique, relevée d’un soupçon de suspense, ce ne sont pas les portes qui claquent, mais les non-dits, les faux-semblants qui explosent et les répliques cinglantes qui fusent avec drôlerie. Dans ce registre, si le jeu des comédiens, amateurs rappelons-le, se tient dans l’ensemble, il faut reconnaître que, dans cette pièce, les beaux rôles échoient aux femmes.
Celui d’Elsa el-Hage mérite une mention spéciale. Tant elle campe avec brio l’intello teigneuse, dont elle arrive cependant à nous faire entrevoir les fêlures secrètes. À saluer également l’interprétation de Joëlle Yaacoub, qui compose un savoureux personnage de femme au foyer godiche.

Du vaudeville à
la comédie de mœurs contemporaine
Enfin, la mise en scène enlevée de Nadine Mokdessi se met au diapason de ce féroce ballet de couples qui règlent leurs comptes, pour faire de ces Belles-Sœurs un agréable moment de théâtre.
Le vingtième d’une succession annuelle de pièces présentées bénévolement par l’atelier de Mokdessi (comédiens, metteur en scène et l’ensemble des techniciens). Et qui, outre les 1417113 de dollars de recettes engrangées et reversées au profit de plus d’une vingtaine d’associations caritatives, auront également offert au public libanais une fenêtre ouverte sur le théâtre francophone.
Ceux qui ont suivi, depuis ses débuts, le théâtre de Mokdessi noteront qu’il a évolué du vaudeville canonique (Tailleur pour dames, Le Dindon, Le Fil à la patte, de Feydeau) vers des textes plus contemporains et au comique de plus en plus subtil.
Une tendance que Mokdessi confirme, en promettant, pour marquer le passage de son théâtre à l’âge adulte, l’année prochaine, une pièce écrite sur mesure par un ami dramaturge français, Remi De Vos. À
suivre...

*Les mercredis, jeudis, vendredis, samedis et dimanches à 20h30, au théâtre Monnot, rue de l’Université Saint-Joseph. Billets, à 20 dollars, en vente à la librairie Antoine, ABC, Achrafieh, tél. : 01/218078.
Pendaison de crémaillère dans une maison de campagne. Francky (Joe Abi-Aad), patron d’entreprise, et sa femme Nicole (Joëlle Yacoub), nunuche comme on n’en fait plus, viennent d’y emménager. Ils ont invité à dîner les deux frères de Francky et leurs épouses. Le premier, Yvan (Alain Hochar), avocat, est marié à Mathilde (Elsa el-Hage), prof de français, intello chipoteuse à tendance acariâtre. Le second, David (Salim Rached), dentiste, est l’époux de Christelle (Ghada Abdelsater), patronne d’une agence immobilière, bourgeoise snob, obnubilée par le fric et les marques. En somme, trois pièces rapportées qui n’ont rien en commun, aucune affinité. Ce qui déjà ne présage pas d’une réunion de famille follement amicale. Mais quand Nicole révèle qu’elle a aussi invité Talia (Léa Abi-Nader), la jeune et...
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