Le département d'Etat a annoncé que la menace que fait peser le Hezbollah sur l'Europe avait été un des sujets de l'entretien téléphonique mardi entre le nouveau secrétaire d'Etat John Kerry et son homologue européenne Catherine Ashton.
Auparavant, le conseiller antiterroriste de la Maison Blanche, John Brennan, probable futur chef de la CIA, avait demandé aux pays européens de prendre "des mesures préventives" pour mettre au jour les infrastructures du Hezbollah ainsi que ses réseaux opérationnels et financiers.
M. Brennan a affirmé que l'attentat du 18 juillet 2012 à l'aéroport de Bourgas, dans l'est de la Bulgarie, qui avait fait six morts et une trentaine de blessés, montrait que le Hezbollah est "un groupe terroriste qui cherche à attaquer impunément des hommes, des femmes et des enfants innocents, et qui pose une menace grandissante, non seulement pour l'Europe, mais pour le reste du monde".
"Le Hezbollah est dangereux et ses activités de destabilisations --depuis les attaques contre des touristes dans des pays étrangers, jusqu'au soutien actif du chef (du Hezbollah) Hassan Nasrallah à la violente campagne menée par (le président) Bachar al-Assad contre le peuple syrien-- menacent la sécurité des pays et des citoyens à travers le monde", a-t-il ajouté.
"Depuis de nombreux mois, nous n'avons pas fait mystère de notre désir de voir l'UE prendre des mesures plus fermes à l'égard du Hezbollah. Lady Ashton sait bien où nous voulons en venir et ils en ont évidemment parlé aujourd'hui", a ajouté la porte-parole du département d'Etat, Victoria Nuland, en référence au coup de téléphone entre Mme Ashton et M. Kerry.
La diplomate a exprimé "l'inquiétude" de Washington que "l'Europe ne soit un des endroits exploités par le Hezbollah pour financer et préparer" des actes terroristes.
Mme Nuland a expliqué que les Etats-Unis discutaient de manière bilatérale avec certains pays européens et également avec l'UE, plaidant pour une action collective des 27 contre le Hezbollah.
M. Brennan, qui devrait être auditionné jeudi devant le Sénat pour prendre la tête de la CIA, a également félicité la Bulgarie pour son enquête approfondie sur cet attentat et assuré que Washington défendrait Sofia dans sa lutte contre le terrorisme.
La Bulgarie a désigné mardi le mouvement chiite libanais comme étant derrière l'attentat anti-israélien du 18 juillet, son ministre de l'Intérieur déclarant qu'il existait "des informations concernant des financements et une appartenance au Hezbollah de deux personnes, dont l'auteur de l'attentat".
Selon des analystes, la désignation du Hezbollah pourrait fournir aux Etats-Unis un argument de poids pour convaincre l'Union européenne d'inclure ce mouvement, grand allié de l'Iran et de la Syrie, dans sa liste noire des organisations terroristes.

