« Cela me choque un peu car je ne pensais par arriver à un tel niveau. Dans un coin de ma tête, j’y pensais, mais y être c’est vraiment autre chose. J’ai quand même beaucoup de chance par rapport à des joueurs que j’ai côtoyés et qui n’ont pas réussi », déclarait-il... mi-novembre, moins de trois mois avant de connaître jeudi sa première convocation chez les Bleus, à l’occasion de l’amical contre l’Allemagne, mercredi prochain au Stade de France.
Que doit-il penser désormais ! Jusqu’à cette saison où, à coup de buts magnifiques (12 toutes compétitions confondues) et de passes décisives (5), il a explosé à Rennes après y être pourtant arrivé pour « avoir du temps de jeu », le parcours de ce petit gabarit (1,73 m, 70 kg) a effectivement été chaotique.
Il quitte à l’âge de 15 ans le centre de formation de Marseille, son club et sa ville, confronté à un entraîneur qui le faisait jouer « arrière gauche », et songe alors à « arrêter le foot » pendant quelques mois. Vu son match contre l’OM (2-2) samedi dernier (un but et une passe décisive), les responsables phocéens doivent quelque peu regretter son départ...
Alessandrini finit sa formation à Gueugnon, avec qui il effectuera deux saisons (2008-2010) en National, avant de filer à Clermont où il dynamite les défenses de Ligue 2 et ses statistiques pendant deux ans (24 buts et 11 passes décisives).
Sollicité par « Saint-Étienne, Nice et Sochaux » à l’été 2011, il attendra un an de plus avant de découvrir la L1.
« Instinct »
Ce parcours atypique, tel celui de Valbuena ou Ribéry, dont il regardait, en National, les statistiques quand ils évoluaient à ce même niveau, « pour se donner un ordre d’idée », fait en partie sa force.
À l’inverse de « certains joueurs qui sortent d’un centre de formation et qui sont parfois tristes à mourir, parce que peut-être on leur en a trop demandé entre 14 et 16 ans », Alessandrini a « une fraîcheur mentale “qui fait” un bien fou » au Stade Rennais, expliquait à l’automne son entraîneur Frédéric Antonetti.
« Il a un mental exceptionnel. De la détermination, du caractère, il en a à revendre. Au-delà de son profil technique, qui est très intéressant, c’est l’engagement qu’il y met (qui impressionne) », a renchéri jeudi en conférence de presse Antonetti, soulignant « sa qualité de centre, sa spontanéité, sa vitesse d’exécution, sa précision » dans les 20 derniers mètres.
« Je ne me pose pas de questions dans les 30 derniers mètres, j’y vais à l’instinct », expliquait le gaucher, se définissant comme un « hyperactif au sang chaud “qui fait” tout à 200 % ». « Je me suis calmé », précisait-il.
Alessandrini, joueur souriant et accessible, affirmait également ne pas regarder plus loin pour le moment. « J’ai envie de prouver encore plus car je vais être plus attendu. C’est dans la continuité qu’on voit les bons joueurs. Après, viendra ce qui viendra...» L’équipe de France, donc.

