Le Français Cyril Despres profite du jour de repos pour peaufiner les derniers arrangements mécaniques de sa KTM hier au centre hippique en plein centre-ville de San Miguel dans la région du Tucuman. Franch Fife/AFP
Ce « jour de repos » pour les concurrents à la mi-temps du rallye est le plus gros jour de travail pour les mécaniciens de toutes les nationalités qui s’emploient aux vérifications techniques et réparations mécaniques des engins qui ont souffert pendant 8 jours et plus de 4 000 km aux compteurs, sur les pistes du Pérou, Chili et Argentine.
Autour du bivouac interdit au public, c’est une grande « fête à Neu-Neu » – enfumée par les barbecues où grillent des tonnes de la meilleure viande du monde et des kilomètres de saucisses grosses comme le bras – qui s’est mise en place avec ses stands, ses vendeurs de gadgets et vêtements estampillés Dakar, dans les décibels de musique latino.
Avec ce campement installé en pleine ville, on est à des années-lumière de la configuration « aventure » du rallye perdu dans les désert ou la pampa. L’ensemble ressemble plus au village des 24h du Mans qu’à un caravansérail au milieu de nulle part.
Avant cette journée de repos, la 34e édition du Dakar a connu deux étapes remplies de sensations extrêmes ponctuées par la victoire du Français Peterhansel lors de la septième étape, entachée la veille par le décès du pilote deux-roues, le Français Thomas Bourgin.
Peterhansel conforte sa 1re place
Le « champion des champions » Stephane Peterhansel (Mini) qui avait fait le meilleur temps du jour reste en tête du classement général. Il a devancé au terme de la spéciale un autre Français, Guerlain Chicherit (SMG), à 39 sec, et l’Américain Robby Gordon (Hummer), 3e à 1 min 08 sec. Peterhansel poursuit son duel avec le virtuose qatari du volant Nasser al-Attiyah qui le talonne au classement général à un peu plus de 3 min sur son buggy 2 roues motrices. Les deux hommes ont fait un large break avec le reste de la course auto.
Le Sud-Africain Giniel De Villiers (Toyota), sur la 3e marche du podium général, accuse maintenant plus de 44 min sur le leader.
Si les Dakar se suivent et ne se ressemblent pas, Cyril Despres, 4 fois vainqueur de l’épreuve sur KTM, en sait quelque chose qui se retrouve vendredi en 5e position du classement général 2 roues, lui qui bougeait rarement des premières et deuxièmes places. Le trio français qui tenait le podium depuis trois jours a explosé au terme de la spéciale remportée par l’Américain Kurt Caselli (KTM).
Caselli a devancé de 1 min 23 sec le Chilien Francisco Lopez (KTM) et Olivier Pain (Yamaha)
Certes, Pain s’accroche en tête du général, mais il est maintenant suivi à 6 min par « Chaleco » Lopez, qui, depuis le début, fait une course remarquable et précède le second Français David Casteu (Yamaha), 3e du général.
8e étape interrompue par la pluie pour les autos
La 8e étape du Dakar 2013 entre Salta et San Miguel de Tucuman en Argentine a dû être interrompue samedi pour les autos, en raison de très fortes intempéries sur les 30 derniers kilomètres de la spéciale chronométrée.
Le parcours prévu de cette spéciale (492 km pour les motos et quads, 471 km pour les autos et 155 km pour les camions) avait déjà été fortement amputé avant son départ, en raison des intempéries sur la région de Salta.
Comme les camions devaient concourir dans cette première partie de parcours, leur étape a été purement et simplement annulée.
En revanche, les motos, quads et autos s’étaient retrouvés sur la seconde partie de la spéciale, un parcours de 183 km avant d’arriver à San Miguel de Tucuman.
Mais dans l’après-midi, les cieux se sont déchaînés. La majorité des motards qui ouvraient la marche sont passés de justesse à travers les fantaisies de la météo et ont pu faire leur course.
L’Espagnol Joan Barreda Bort (Husqvarna) a remporté l’étape, alors que le Français David Casteu (Fra/Yamaha), a pris la tête devant Cyril Despres (KTM).
Bonne opération pour al-Attiyah
Le champion qatari, Nasser al-Attiyah (Buggy), est le grand bénéficiaire de la décision des commissaires de course qui lui ont attribué la veille le même temps que le Français, alors qu’il n’avait pas – comme la majorité des autres concurrents – franchi la ligne d’arrivée à 16h24, heure précise de la neutralisation de la « spéciale ».
En vertu de la décision des commissaires de course et leur lecture – sinon à la lettre, du moins dans l’esprit – du règlement, il reste donc en 2e position au classement général, à 3 min du Français, et loin devant le 3e, le Sud-Africain Ginel De Villiers sur Toyota.
« Peter » se défend d’engager une polémique après cette décision officielle : « Nasser a eu de la chance. Si j’avais été à sa place, c’est moi qui en aurais profité... »
Mais d’ajouter à l’AFP : « Il avait tout de même 24 min de retard sur moi. Ça me contrarie un peu... Mais les commissaires, dit-il ingénument, ont peut-être voulu privilégier le suspense et permettre la poursuite de notre lutte mano a mano, jusqu’à la fin de la course. »
À quoi, à quelques mètres de là, le Qatari – qui se défend d’avoir bénéficié d’un quelconque « avantage » – dit simplement à l’AFP : « Je suis là pour gagner et je vais m’y employer de toutes mes forces jusqu’à Santiago ».
Le suspense reste donc effectivement entier et l’intérêt pour ce 34e Dakar, 5e du genre en Amérique latine, préservé, ce dont les organisateurs, évidemment, se félicitent.

