Les derniers préparatifs se mettent en place pour l’investiture de Barack Obama le 21 janvier. Jewel Samad/AFP
En 2009, Barack Obama avait décidé d’interdire, pour des raisons morales, les dons d’entreprises et de plafonner les dons de particuliers à 50 000 dollars. Sur la lancée de sa campagne, il avait levé 53 millions de dollars, un record. Cette année, les temps sont durs si bien que plafonds et bonnes intentions ont été remisés.
Une invitation, dont a eu copie la fondation Sunlight, à contribuer au comité d’organisation propose quatre niveaux de dons : de 10 000 à 250 000 dollars par personne. Pour les entreprises, le don minimum est de 100 000 dollars, jusqu’à un million. Avec ce don maximum, le détenteur du ticket participera à des réceptions exclusives, une soirée aux chandelles la veille de l’investiture dans un des plus beaux musées de la ville et en compagnie de la crème de Washington, deux places dans les gradins pour assister au défilé suivant l’investiture, et quatre entrées au bal présidentiel.
Mais l’argent achète plus qu’un bon siège : c’est l’accès au président et à son entourage que les invités convoitent. « C’est un boulevard pour les groupes d’intérêts, surtout les riches entreprises, dont c’est la dernière chance pour jeter de l’argent aux pieds du président pour acheter des faveurs officielles », commente Craig Holman, de l’ONG Public Citizen. La transparence totale n’est plus au rendez-vous. En 2009, les montants des dons étaient publiés sur Internet, mais cette année, seuls les noms des donateurs ont été mis en ligne, sans les montants.
Un porte-parole du comité a indiqué que l’ouverture des dons aux entreprises avait été décidée de façon à atteindre les objectifs de levée de fonds, les organisateurs craignant un manque de générosité après « la campagne présidentielle la plus chère de l’histoire ». Selon le New York Times, les dons seraient à ce jour décevants, peu d’entreprises ayant choisi de contribuer. Le comité n’aurait levé à ce jour que 40 des 50 millions recherchés, forçant les organisateurs à proposer une nouvelle offre d’entrée de gamme, à 7 500 dollars par personne.
Les dons privés ne couvrent que l’aspect festif de l’investiture. Les contribuables prennent en charge les dépenses de police et de sécurité, dignes d’un événement international. Selon un rapport du Congrès, plus de 30 000 policiers avaient été mobilisés en 2009 pour contrôler la foule de 1,8 million de personnes qui avait envahi le centre de Washington, sur l’immense esplanade faisant face au Capitole, où Barack Obama prêta serment entouré des élus de la nation, de son gouvernement, des juges de la Cour suprême et des anciens présidents.
L’événement est chaque fois immense, même si les autorités ne s’attendent qu’à moins de la moitié cette année. Des dizaines de rues seront fermées à la circulation, le métro fermera plusieurs stations, des milliers d’invités devront passer par des détecteurs de métaux.
On ignore le nombre de donateurs VIP invités, mais un rapport du département de la Sécurité intérieure indiquait qu’en 2009, au moins 750 avaient été transportés par cars près du Capitole, où des sièges leur étaient réservés juste en face du podium. Parmi eux des célébrités d’Hollywood, dont le producteur de Star Wars, George Lucas, de la Silicon Valley ou des grands patrons.
Mais un couac de sécurité avait alors été identifié par le Washington Post : certains VIP avaient pu toucher et se faire prendre en photo près de la limousine présidentielle. Ce privilège ne fait pas partie de l’offre 2013.
(Source : AFP)


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine