Le Saint-Siège est hostile à toute intervention militaire qui rappellerait ce qui s'est passé en Irak, en Libye et en Côte d'Ivoire, a affirmé mardi à l'AFP le cardinal Robert Sarah, "ministre" des oeuvres humanitaires du pape.
Revenant sur l'appel lancé mardi par Benoît XVI pour la fin de l'effusion de sang en Syrie, le président du Conseil pontifical "Cor Unum" a insisté: "l’Eglise souhaite que des actions militaires comme ce qui s’est passé en Irak, en Lybie, en Côte d’Ivoire ne se répètent plus. +Jamais plus la guerre+, s’était écrié Paul VI (devant l'ONU) à New York, en 1965. C’est le même cri que lance aujourd’hui Benoît XVI", a-t-il dit.
"La guerre, les destructions de vies humaines et des infrastructures ne donnent pas la vraie solution des problèmes sociopolitiques", au contraire du "dialogue et de la volonté de bâtir ensemble la nation dans l’amour et la solidarité", a estimé le cardinal guinéen.
L’Eglise, a expliqué le prélat qui s'était rendu en mission en novembre au Liban au nom du pape pour rencontrer les réfugiés syriens, "poursuit son action humanitaire auprès des victimes de ce conflit à travers l’activité héroïque et généreuse de nombreux organismes caritatifs catholiques engagés dès le premier moment des hostilités".
"Tout ce que nous pouvons faire concrètement pour ces personnes, nous devons le faire. Autant en ce qui concerne leur bien spirituel que leur bien matériel. C’est une aide destinée à tous. L'amour du prochain s’étend aux personnes que nous ne connaissons pas", a souligné le cardinal, qui pointe le fait qu'elle se fait sans discrimination.
Rappelant que, lors de sa visite aux réfugiés dans la Bekaa en novembre, leur situation était déjà "extrêmement grave", il dit avoir été "profondément touché par leur grande dignité".
"Les contacts continus que nous entretenons avec les Eglises et avec les différentes entités caritatives locales engagées (...) nous transmettent des informations alarmantes concernant les nouveaux fronts de guerre, l’insécurité, les conditions de vie, matérielles, sanitaires, psychologiques et spirituelles, très difficiles". Il y a "des abus de toutes sortes dont ils sont victimes et qui font d’eux doublement des victimes".
Selon des données concordantes, le conflit a fait plus de 40.000 victimes, 2 millions de déplacés internes et 500.000 réfugiés.
"Ce conflit compromet dangereusement l'équilibre fragile de cette région qui tient particulièrement à cœur de Benoît XVI" a encore relevé ce proche collaborateur du pape, qui a évoqué aussi "les enfants sans défense et sans protection". "Voilà pourquoi notre charité doit être plus attentive, plus concrète et plus profonde: dans le regard de ces enfants nous découvrirons le regard de Jésus", a estimé à l'AFP l'évêque guinéen.
Revenant sur l'appel lancé mardi par Benoît XVI pour la fin de l'effusion de sang en Syrie, le président du Conseil pontifical "Cor Unum" a insisté: "l’Eglise souhaite que des actions militaires comme ce qui s’est passé en Irak, en Lybie, en Côte d’Ivoire ne se répètent plus. +Jamais plus la guerre+, s’était écrié Paul VI (devant l'ONU) à New York, en 1965. C’est le même cri que lance aujourd’hui Benoît XVI", a-t-il dit.
"La guerre, les destructions de vies humaines et des infrastructures ne donnent pas la vraie solution des problèmes sociopolitiques", au contraire du "dialogue...

