Le 14 Mars, lui, ne donne pas vraiment de répartie pour l’instant à Walid Joumblatt. Pourtant, le contenu de l’initiative annoncée par le chef du PSP dans sa toute dernière conférence de presse a rasséréné l’opposition. Le courant du Futur a toutefois fait signe d’une possibilité prochaine de rapprochement entre certains de ses représentants et le PSP pour une éventuelle initiative qui viendrait rejoindre à mi-chemin celle de M. Joumblatt. Le 14 Mars sait toutefois quelles sont les limites imposées au chef du PSP par les circonstances locales, et fondées sur l’impératif de l’intérêt de sa communauté et de la préservation de la stabilité et de la paix civile dans la Montagne. Dans les milieux de l’opposition, l’on rappelle ainsi l’incident survenu il y a quelques jours à Békaata, dans le Chouf, où une délégation du Hezbollah tentant d’échapper à la route habituelle de Saïda par la Montagne avait reçu un accueil tout à fait particulier de la part de la population locale... Un signal fort adressé à Walid Joumblatt par sa propre rue, à l’heure où le leader druze déploie tous ses efforts pour maintenir une bonne relation avec le parti chiite en dépit des divergences profondes sur la crise syrienne. Ce n’est pas pour rien que M. Joumblatt a soulevé la question d’un nouveau Taëf pour régler le problème des armes, en faisant donc miroiter au Hezbollah la possibilité d’une tripartition communautaire pour supplanter la parité.
Ce dernier, quant à lui, évite de commenter l’initiative Joumblatt, en attendant de savoir ce qu’en pense le 14 Mars. Le président de la Chambre, Nabih Berry, partenaire de toujours du seigneur de Moukhtara, affirme de son côté soutenir la proposition sous prétexte qu’elle vise à une sortie de crise. Les milieux berryistes soulignent, dans cette optique, leur refus de la logique du boycott adoptée par le 14 Mars et insistent sur la nécessité du dialogue. Chez eux aussi, il est question d’une possibilité de réformer Taëf comme solution éventuelle à la crise actuelle.
Il semble en tout cas que l’objectif principal de M. Joumblatt soit d’empêcher une détérioration de la situation locale en attendant que la situation se décante en Syrie. En d’autres termes, une tentative supplémentaire pour occuper le temps perdu, en attendant le chant du cygne du régime à Damas.
Sur un autre plan, les milieux du 14 Mars n’ont pas été sans saluer la dernière classification opérée par le président Sleiman entre les trois types de gouvernement qui pourraient éventuellement voir le jour : cabinet d’union, de majorité, ou neutre, une typologie qui pourrait donner satisfaction à leurs revendications. Déception du 8 Mars, en revanche, vis-à-vis de la dernière position du patriarche Raï à son retour de Rome sur la viabilité de la loi de 1960 pour la tenue des législatives au cas où aucune autre alternative ne s’avère possible. Une position nouvelle – puisque Bkerké avait exprimé haut et fort ces derniers mois son rejet d’un retour à la loi de 1960 – qui a déstabilisé la majorité, laquelle tente d’en cerner les raisons. D’autant que, presque simultanément, le ministre de l’Intérieur, Marwan Charbel, a proposé un report des élections de six mois pour mettre au point une nouvelle loi mariant scrutin majoritaire et proportionnelle, suggestion qui a provoqué un malaise sur la scène politique, tant et si bien que le chef de l’État a dû préciser que le report éventuel n’excéderait pas théoriquement les trois mois, le temps de concocter une nouvelle loi, mais qu’il n’y aurait en définitive pas de report et que les délais constitutionnels impartis seraient respectés.
Il reste que Michel Sleiman déploie ses efforts pour régler la crise à travers le dialogue, en consultant toutes les parties, mais en refusant toutefois de faire des concessions sur ses prérogatives constitutionnelles. Le dialogue, pour lui, ne saurait déboucher sur un accord multilatéral sur la forme et la nature du cabinet, lesquels seront tranchés en dernier lieu, selon lui, par le président et le Premier ministre désigné. L’opposition rejette cette conception, estimant que la Constitution est claire concernant le mécanisme à adopter en cas de changement ministériel et qu’il n’est pas bon de se livrer à de nouvelles interprétations des dispositions constitutionnelles. Pour elle, la table de dialogue, dont la mission est de débattre spécifiquement et exclusivement de la question du monopole de la violence légitime et de l’arsenal du Hezbollah, ne saurait se substituer aux institutions étatiques et torpiller les usages démocratiques en s’attaquant au dossier du gouvernement. Par conséquent, le 14 Mars refuse d’aller discuter d’un remaniement ministériel à la table de dialogue. Partant, le gouvernement Mikati est en sursis, en attendant de trouver le palliatif, d’autant que le Premier ministre a déjà souligné qu’il ne démissionnerait que « pour faciliter une issue à la crise », et non pour la compliquer davantage. Ce qui veut dire, selon des milieux diplomatiques, que le gouvernement restera en place jusqu’à nouvel ordre... régional. Un nouvel ordre dont les premiers signes seraient en train d’apparaître à Gaza. Le Premier ministre palestinien Ismaïl Haniyé aurait ainsi dit devant la délégation du 14 Mars qui s’est rendue lundi dans les Territoires que « la victoire du Hamas n’aurait pas été envisageable si ce dernier ne s’était pas aligné sur le printemps arabe et n’avait pas soutenu les droits des peuples arabes à disposer d’eux-mêmes ».
Pour Téhéran et le Hezbollah, un message à méditer sérieusement, soigneusement et longuement.


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Joumblatt étant ce qu'il est et personne ne pourra le changer dans ses changements, le dernière phrase de cet article sur la déclaration de Haniye à la délégation retardataire dans sa visite est hilarante à plus d'un titre, et en plus on demande à la main qui a nourrit ce mouvement résistant qui a pu accomplir ce qu'il accompli de réfléchir etc... profondément !! mais comment aurait pu faire le Hamas si les vrais soutiens à ces vaillants résistants ne s'etaient pas mouillés jusqu'au cou pour les palestiniens ? hein, les soulèvements des printemps etcc..... auraient fait le boulot ?? comme ça ?? tout seul ?? Mais ça va pas la tête ou QUOIIIIII ????
11 h 11, le 29 novembre 2012