Une Libanaise découvre l'étendue des dégâts après un attentat à la voiture piégée, le 19 octobre 2012, place Sassine, à Achrafieh, en plein coeur de Beyrouth. AFP/FLORIAN CHOBLET
Elles sont plus de 50 familles à avoir perdu leur appartement dans l’explosion qui a coûté la vie au général Wissam el-Hassan, le 19 octobre, dans le secteur de Sassine, à Achrafieh, en plein coeur de Beyrouth. Aujourd’hui, ils sont quelques dizaines dans des hôtels et d’autres ont trouvé refuge chez des proches. Une minorité seulement, selon les informations que nous avons récoltées, ont trouvé des appartements temporaires.
Parmi les familles placées dans les hôtels Alexandre (Achrafieh) et Padova (Sin el-Fil), à l’initiative du Courant patriotique libre (CPL), la majorité d’entre elles y est toujours installée. Les personnes que nous avons interrogées ont toutes confirmé que la semaine à l’hôtel a été renouvelée par le CPL et que les repas sont assurés par Caritas et le regroupement civil « Achrafieh For All ». Mais l’inquiétude concernant l’avenir reste tout aussi aiguë.
Antoinette Haddad était à l’hôpital il y a encore quelques jours, soignée pour les graves blessures causées par l’explosion. Elle réside actuellement à l’hôtel avec sa mère. « Réparer notre appartement va prendre beaucoup de temps, il faut pratiquement tout refaire, dit-elle. Nous espérons rester à Achrafieh, ma mère est âgée et y a ses habitudes. Les groupes qui nous aident ont proposé de nous trouver un appartement parce que nous ne pouvons pas le chercher nous-mêmes. »
Élie Safi, qui s’est retrouvé à l’hôtel avec sa femme et ses quatre enfants, cherche activement un appartement pour sa famille. « Mon travail et les écoles et universités de mes enfants sont à Achrafieh, je me retrouve sans voiture après l’explosion, je préfère donc ne pas sortir du quartier, dit-il. Les mille dollars payés par le Haut Comité de secours (HCS) ne suffisent pas : non seulement nous ne trouvons pas de loyers abordables, mais nous n’avons plus de meubles. »
La cherté des loyers est également mise en avant par Mathilde Mtanios, une autre mère de famille désormais sans toit avec ses enfants. « Pour la somme déboursée par le HCS, nous ne trouvons que des appartements inhabitables », déplore-t-elle. Tout en reconnaissant l’aide qui a été apportée à sa famille, elle se plaint cependant de l’absence de l’État.
(Pour mémoire : Les rescapés de l’explosion d’Achrafieh inquiets : qu’adviendra-t-il de nous ?)
Cupidité et profits...
Nancy Maini n’a pas eu besoin d’être logée à l’hôtel, elle habite actuellement chez ses parents avec son fils. « Nous n’arrivons pas à trouver un appartement facilement, dit-elle. Les propriétaires n’acceptent pas des loyers logiques, j’ai l’impression que certains profitent de la situation. Je vis d’un simple salaire, j’avais contracté un prêt de la banque pour rénover ma maison, et maintenant celle-ci est détruite. Mais la vie continue. »
Samira Saradar, chargée par le CPL de suivre l’affaire des familles déplacées, confirme ces difficultés. « Nous effectuons de nombreux contacts pour aider les familles à se reloger, dit-elle. Je ne nie pas que la tragédie d’Achrafieh ait créé un élan de solidarité, mais elle a aussi montré la cupidité de certains : des propriétaires d’appartements ont sciemment augmenté les loyers quand ils ont su qui seraient leurs clients. » Rappelons que le numéro d’urgence pour appeler Samira Saradar est le 70-001319.
Sur ce point, le député Michel Pharaon affirme que « le plan d’aides s’étalera sans nul doute sur six mois, et nous avons prévu de couvrir les surplus de loyers (si ceux-ci sont supérieurs aux mille dollars consacrés par le HCS) ainsi que les frais de transport si les appartements sont hors de Beyrouth ». Il assure que l'allocation de cinq millions de livres par famille décrétée par la municipalité attend la signature du ministre de l’Intérieur pour être versée aux bénéficiaires.
Pour sa part, le comité de suivi des affaires des rescapés de l’explosion d’Achrafieh, dont font partie les députés d’Achrafieh, a tenu hier une réunion pour faire le point. Il a communiqué le bilan final des dégâts : 105 domiciles, 69 voitures et 18 boutiques. Le comité appelle tous ceux qui peuvent louer des appartements aux familles délogées à l’appeler à la hotline 03-000019, ou à écrire à achrafieh.rc@gmail.com. Le comité affirme que l’association Justicia est prête à seconder les familles pour recouvrer leurs droits. Il ajoute que Sukleen a nettoyé les remblais dans les rues proches du lieu de l’explosion et que la municipalité a pulvérisé de l’insecticide.
Par ailleurs, le commandement de l’armée a appelé les personnes dont les propriétés ont été endommagées par l’explosion et dont les dégâts n’ont pas encore été recensés de s’inscrire auprès d’un des moukhtars du quartier. Enfin, des activités continuent d’être organisées au profit des familles délogées. Un déjeuner a été organisé par l’association Nass Lil Nass au collège Saint-Sauveur à Joun, Iqlim el-Kharroub. Les propriétaires des commerces à Saïfi Village ont organisé, en collaboration avec Solidere, une fête à l’occasion de Halloween, à laquelle 800 personnes ont participé.
Pour mémoire
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La situation
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dans ces moments là, il y a toujours des profiteurs, des commerçants qui augmentent les prix etc.... nous avons connu cela en France, qui il y a eut la tempête tout le monde parle de la solidarité, mais cache la bassesse de certaines personnes cela m'étonne que Madonna n'est pas venue
06 h 46, le 30 octobre 2012